3 octobre 2011

Le quotidien Le Monde titrait récemment que les fonds négociés en Bourse (FNB) pourraient constituer une nouvelle bulle financière et se révéler dangereux pour les investisseurs.

La plupart des FNB tiennent leurs promesses : à faible coût (frais de gestion peu élevés), ils offrent un accès aux marchés étrangers et facilitent la diversification de portefeuille.

Mais, étant donné l’engouement qu’ils ont suscité ces 10 dernières années, il ne faut pas s’étonner que des fabricants aient fini par complexifier le produit original.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les FNB ne sont pas tous constitués de la même façon et ne présentent pas un degré de risque égal. Mais c’est vrai aussi des autres titres financiers (actions et obligations). C’est pourquoi, dans chaque cas, il est important et nécessaire de définir ses objectifs de placement et son degré de tolérance au risque.

Certains FNB s’adressent davantage aux spéculateurs qu’aux investisseurs ordinaires. Ils exploitent l’effet de levier financier, utilisent des produits dérivés et sont adossés à des actifs risqués ou douteux.

Ils font l’objet d’une surveillance étroite de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM), qui impose toute une série de mesures aux firmes de courtage, dont l’interdiction formelle de solliciter leurs clients pour leur vendre ce type de produits.

Ce sont effectivement des placements à éviter. D’ailleurs, nous avons souvent écrit à ce sujet dans cette chronique. Mais, attention : il ne faut pas mettre tous les FNB dans le même panier.

Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro3oct

Popularity: 8% [?]

3 décembre 2009

À un moment ou à un autre dans votre vie, arrive à vos oreilles une information que vous pensez privilégiée. Une information sur une entreprise cotée en bourse qui serait sur le point de sortir un nouveau vaccin, une nouvelle technologie, une innovation qui chamboulera le paysage compétitif dans lequel l’entreprise évolue. À ce moment, vous pensez que vous détenez une petite parcelle d’un trésor. Vous prenez ensuite une partie de vos épargnes personnelles, appelez votre courtier et décidez d’acheter des actions de cette compagnie.

À ce moment, vous pensez détenir le prochain Microsoft ou le prochain Dell. Vous pensez que votre placement vous rendra millionnaire ou se multipliera par 100 en l’espace de quelques jours. Fini les jours où vous achetez des billets de loterie, les chances de gains avec l’information que vous détenez vous amèneront  richesse sans l’ombre d’un doute.  Vous commencerez aussi à en parler à vos amis, votre beau-frère et vos collègues de travail.  Les jours suivants l’investissement, vous n’êtes pas surpris de voir l’action s’apprécier de 20 %, 30 %, 100 %! C’est normal vous pensez détenir l’information tant privilégiée. 

Vous oubliez parfois la théorie sur l’efficience des marchés, en vous disant que cette fois-ci, c’est la bonne, et que cette théorie ne s’applique pas et que vous déjouez le système. Vous êtes plus fort, vous gagnez en confiance, même que parfois vous investissez davantage dans la dite action.

Bien sûr, il y a certaines histoires à succès qui aident les entreprises de moins bonne qualité à entretenir le mirage de faire de l’argent facilement en bourse. Mais de l’autre côté, les histoires d’horreur peuplent le secteur financier dans un cimetière d’entreprises qui ne se transigent plus aujourd’hui en bourse.

Cet article pourrait avoir 100 pages pour expliquer les mésaventures d’investisseurs qui ont perdu toutes leurs épargnes dans des entreprises où pourtant il détenait cette information…. Une information infaillible.

Il faut comprendre que l’information n’est plus privilégiée une fois qu’elle est intégralement rendue publique. Donc si vous n’êtes pas initié de l’entreprise (conseil d’administration, dirigeants, etc), les chances sont énormes que cette information ne soit plus privilégiée du tout. De plus, si cette information arrive à vos oreilles, c’est que quelqu’un a commis un délit d’initié . À cet instant, vous devriez vous inquiéter de la qualité de gestion de l’entreprise dans laquelle vous vous apprêtez à investir ainsi que de l’intégrité de cette dernière.

En bourse, les rendements futurs sont toujours inconnus. Toutefois, l’expérience et l’analyse de l’histoire nous permettent de mieux comprendre les phénomènes boursiers. Dans le cas présent, c’est trop souvent la même histoire qui se répète.  L’investisseur ne récupère qu’une infime partie de son investissement, parfois il ne récupéra pas un sous.

Le gros bon sens de notre expérience nous rappelle que… Quand nous faisons de l’argent rapidement et facilement en bourse, il est sage de se rappeler l’adage anglophone… « take the money and run ».  Nous connaissons des investisseurs qui ont doublé leur capital en quelques jours sur la spéculation et les rumeurs. Dans ce cas, il est parfois sage de vendre la moitié, le tiers ou même le quart afin de protéger son capital initial et d’utiliser le reste pour du profit.

Dans notre philosophie de gestion, nous recommandons aux investisseurs de ne pas utiliser plus de 5 % de leur actif sur des titres spéculatifs. Après 15 ans, notre équipe n’a pas assez de doigts pour compter le nombre d’histoires d’horreur que nous avons observées auprès d’investisseurs. À l’inverse, on trouve rarement un investisseur qui a acheté des actions de Microsoft en 1986.

Et vous, en connaissez-vous ?

Popularity: 1% [?]

20 novembre 2009

Depuis quelques mois sont apparus sur les marchés financiers de nouveaux produits encore très mal connus du public, ce sont les fonds négociés en Bourse à effet de levier et à effet de levier inversé, commercialisé sous les marques Horizon BetaPro. Ces produits se transigent comme des actions et ils sont conçus pour doubler les variations journalières des indices sous-jacents à la hausse ou à la baisse.

Ainsi, selon les lectures du marché, les investisseurs peuvent augmenter leur espérance de rendement en misant sur les hausses ou les baisses de secteurs comme l’énergie, l’or, les ressources naturelles, les services financiers, le S&/TSX composite et bien d’autres.

Toutefois, l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM), anciennement l’ACCOVAM, a émis un communiqué à  l’attention des conseillers en placement concernant l’importance de bien connaître son client et de s’assurer que ces produits se retrouvent entre les mains d’investisseurs comprenant les risques reliés associés.

Ces produits visent à doubler les rendements de l’indice qu’il reproduit. Celà est  vrai à la fin de la première journée de détention de ces fonds. Toutefois, si la détention de ces titres est d’une durée plus grande qu’une journée, les pertes possibles peuvent être abyssales! Il est donc très important de comprendre comment ils fonctionnent.  De plus, les frais de gestion associés à ces fonds sont relativement élevés et viennent réduire ainsi l’espérance de rendement.

Bernard Mooney, dans lesaffaires.com du 2 octobre dernier, nous donne l’exemple suivant :

« Supposons que vous investissiez 100 $ dans trois FNB : le premier est le FNB classique qui reproduit l’indice, le deuxième double le rendement quotidien à la hausse de l’indice (FNB haussier), et le troisième réalise le double de l’inverse de l’indice (FNB baissier).

La première journée, l’indice grimpe de 10 %. Le premier fonds vaut alors 110 $, le deuxième 120 $ (100 $ + 2 X 10 %, soit 20 $) et le troisième 80 $ (100 $ – 2 X 10 %).

Le lendemain, l’indice perd 10 %, ce qui équivaut à un rendement moyen de zéro pour les deux jours. Le FNB classique vaut alors 99 $ (110 $ – 10 %, soit 11 $). Le FNB haussier vaut 96 $ (120 $ – 2 X 10 %, soit 24 $), tout comme le FNB baissier. Si vous répétez cette séquence durant 10 jours, les deux fonds à levier vaudront 81,54 $, tandis que le FNB classique vaudra 95,10 $. Poursuivez cette séquence pendant six mois, et chacun de vos FNB à effet de levier ne vaudra plus que 2,54$.

Pendant que le marché aura fluctué quotidiennement sans reculer durant cette période, vous aurez perdu 97,4 % de votre capital !!! »

Récemment, Valeurs Mobilières Desjardins nous a informés que tous ses conseillers en placement ne pourraient plus solliciter les clients avec ces produits et que seulement des ordres non sollicités seraient acceptés à condition que le client ait signé son octroi à l’attribution d’une partie de son portefeuille à des titres spéculatifs.

Bref, à moins que vous soyez un boursicoteur aguerri ayant une vision à très court terme ou un investisseur institutionnel voulant faire de la couverture de risque, les fonds négociés en Bourse à effet de levier ne sont pas pour vous.

Popularity: 3% [?]