24 octobre 2011

Au plus fort de la crise financière mondiale de 2008, 15 écono­­mistes de renom, gourous dans leur domaine, se sont réunis, sans agenda politique ni influence d’entreprises privées, pour trouver des solutions afin d’améliorer le fonctionnement et les règles de gouvernance des marchés financiers.

Leur rapport propose des solutions tenant compte des faiblesses du système financier actuel quant aux conflits d’intérêt, à l’imputabilité des banques et à l’inefficacité de la règlementation des marchés financiers. Il contient aussi des recommandations sur les besoins de transparence et sur la création d’une chambre de compensation pour les produits dérivés.

Ces grands économistes souhaitent un encadrement plus étroit de l’épargne- retraite pour les fonds de pension et les REER. Le gouvernement devrait être aussi plus sensibilisé à l’éducation financière et s’engager davantage dans les décisions de placement des travailleurs. Selon eux, l’État réduirait alors sa prise en charge de citoyens qui n’ont plus d’épargne-retraite.

Trop souvent, les épargnants n’ont ni les ressour­ces ni les connaissances nécessaires pour prendre des décisions éclairées et faire les bons choix. Autre constat : les banques doivent mieux gérer leurs liquidités et leur capitalisation afin de ne plus s’exposer à des crises de liquidités par des prises de risque indues. Elles devraient aussi émettre des obligations con­vertibles en actions pour se financer et les convertir en cas de crise, afin que les ac­tion­naires, et non le public, satisfassent leurs besoins de liquidités.

Même si les salaires des dirigeants de banques ont fait couler beaucoup d’encre, nos 15 économistes pensent que les lois du marché devraient dicter la rémunération des cadres. Ils suggèrent toutefois qu’une partie de cette rémuné­ration soit retenue pour agir en cas de fraude, de renvoi, de faillite ou d’aide gouvernementale. L’avenir nous dira si les recommandations de ce rapport porteront leurs fruits.

Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro24octobre

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13 juin 2009

Avec le gouvernement américain qui imprime de l’argent à profusion et des signes que la récession tire à sa fin, plusieurs anticipent que l’inflation viendra cogner à notre porte très bientôt.

Il existe cependant des arguments très valables qui tentent de démontrer que non seulement le risque de l’inflation est exagéré, mais que le risque de déflation est toujours présent.  

Contrairement aux dernières récessions et pour la première fois en 25 ans, le consommateur américain démontre une volonté d’épargner et de diminuer son niveau de consommation.

Les dernières statistiques révèlent que les dépenses des consommateurs ont baissé malgré le fait que leurs revenus nets soient en hausse (en partie à cause des baisses d’impôts du plan de relance d’Obama). Ceux qui ont des revenus élevés, et par le fait même, ceux qui dépensent plus normalement, ressentent encore les malaises des baisses importantes de leurs portefeuilles de placement ainsi que de la valeur de leur résidence.  Il est difficile de parler d’inflation quand on considère la perte de richesse que plusieurs ont connue.  Les changements démographiques et le vieillissement des babyboomers sont également des facteurs à considérer : les personnes à la retraite ont tendance à moins consommer en général.

Par ailleurs, la hausse du taux de chômage et l’abondance de la main d’œuvre dans plusieurs secteurs apportent un certain plafond sur les salaires. Des compagnies ont même coupé des salaires dernièrement, une première depuis quelques décennies. Sachant que près de 70 % des coûts de production sont représentés par les salaires, ce phénomène devrait limiter la hausse des prix des biens produits, même si les compagnies tentent de refiler la hausse des prix des commodités aux consommateurs.

Les derniers rapports sur l’indice des prix à la consommation aux États-unis pour les mois de mars et d’avril démontrent une baisse par rapport à l’année précédente, une première en 50 ans. Et malgré le fait que cette baisse reflète en grande partie un recul important des prix de l’énergie par rapport à leur sommet de 2008, on remarque également une baisse générale des produits et services dans une panoplie de secteurs.

Plusieurs diront que ces arguments sont plutôt faibles lorsqu’on note que le prix du baril de pétrole a doublé dans les derniers mois, en plus de voir la hausse des taux d’intérêt à long terme des dernières semaines. Mais il est encore tôt pour affirmer avec conviction si l’inflation sera de retour bientôt. En ce moment, les arguments prévoyant la déflation semblent aussi valables que ceux prévoyant l’inflation.

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