13 août 2012

Dans le milieu de la finance, on fait généralement une corrélation entre le risque et le rendement : en principe, un placement garanti à 100 % rapporte moins qu’une action, plus sujette aux variations. Est-ce toujours vrai?

Depuis quelques années, des classes d’actifs réputées sûres, comme les obligations des gouvernements, procu­rent un rendement supérieur à celui des titres boursiers, pourtant assortis d’un plus fort degré de risque.

Certains considèrent même cette anomalie comme la nouvelle norme! Leur conclusion est peut-être hâtive. Nous déconseillons d’acheter de telles obligations pour trois raisons. Primo, les taux sont trop bas. Secundo, la fragilité budgétaire de plusieurs gouvernements devrait inciter à la prudence. Tertio, compte tenu de l’inflation, le rendement réel à l’échéance se révèle plutôt négatif.

Bien que la conjoncture actuelle semble l’invalider, la règle de corrélation entre risque et rendement demeure donc valide à long terme.

Par ailleurs, dans le marché boursier, on note une diminution importante des dividendes.

En 2011, le taux de profits versés aux actionnaires des sociétés formant l’indice S&P 500 n’a pas dépassé 28 %, comparativement à 62 % au cours des 140 dernières années. L’apparition de gestionnai­res-vedettes et l’accroissement du nombre de boursicoteurs ont eu pour effet de mettre davantage l’accent sur le gain en capital (ou profit enregistré au moment de la vente d’un titre).

Or, dans le contexte que nous connaissons, un gain en capital n’est pas facile à réaliser.

Cette réalité, combinée au recul des dividendes, ébranle également la règle de corrélation : le rendement obtenu n’est pas à la hauteur du risque encouru.

Les investisseurs (particuliers et institutionnels) ont besoin de revenus. Les sociétés vont devoir réviser leurs politiques de distribution de dividendes pour les ramener à un niveau historiquement normal et rendre les actions plus attrayantes.

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7 mai 2012

D’origine portugaise, Carmen Rodriguez et Joao Fonseca ont passé la majeure partie de leur vie à Montréal. En 2008, ils ont décidé de s’installer à Porto.

Dans le centre historique de la ville, ils ont acheté une vieille maison qu’ils ont convertie en petit hôtel, le Guest House Douro. Partout autour d’eux, ils en­tendent que l’économie portu­gaise se porte beaucoup moins bien qu’au tournant de l’an 2000. Aujourd’hui, certains com­mer­ces ont du mal à acquitter leurs factures d’électricité. Eux-mêmes constatent une baisse d’achalandage de leur hôtel.

Fille d’immigrants, Carmen est consciente des sacrifices et des efforts qu’ont dû faire ses parents pour avoir une vie satisfaisante. «Je ne retrouve pas cette mentalité au Portugal, dit-elle. Le travail ne me semble pas y être valorisé. Alors, le reste ne peut pas suivre…»

Selon Carmen et Joao, la législation du travail et le syndicalisme méritent une réforme : trop d’employés sont protégés, ce qui nuit à la compétitivité, à l’innovation et au rendement.

Il faudrait aussi mieux appliquer la loi : seuls 36 % des commerces détiendraient un permis en bonne et due forme… La réduction du nombre de congés religieux – même si elle risque de heurter l’Église – compte aussi parmi les solutions à envisager.

Quelles seraient leurs priorités s’ils occupaient le fauteuil du ministre des Finances, Vitor Gaspar? «On commencerait par instaurer un système sérieux de contrôle pour arrêter de donner des fonds publics à des millionnaires dont les projets tombent souvent à l’eau, affirme Carmen. On aiderait davantage les PME comme la nôtre, qui créent des emplois et font rouler l’économie.»

Pour mener à bien leur projet commercial, Carmen et Joao n’ont touché qu’une minuscule subvention de 200 €. Ils croient que seul un mouvement d’ensemble remettra leur pays sur les rails. «Le je doit céder le pas au nous», conclut Carmen.

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2 février 2012

Tout le monde connaît cette fable d’Ésope popularisée par Jean de la Fontaine et maintes fois reprise dans le monde des finances personnelles pour illustrer les différents types d’investisseur.

D’un côté, nous avons les personnalités de type fourmi, qui sont plus rigoureuses avec leur épargne et la planification à long terme. De l’autre, on trouve les cigales, qui préfèrent vivre au jour le jour sans trop penser à leur avenir.

Une bonne suggestion de lecture sur ce sujet est le livre Cigale? Fourmi? Les clés d’une bonne relation à l’argent, d’Émilie Devienne, paru en 2011 et qui est un guide d’auto-coaching pour bien vivre avec son porte-monnaie.

Le 29 février est la date limite pour cotiser à votre REER pour 2011. Beaucoup d’investisseurs auront cotisé de façon régulière tout au long de l’année et n’auront pas à faire de nouvelle cotisation. D’autres, comme les cigales, se précipiteront la dernière journée pour effectuer leur cotisation.

De plus, nombreux sont ceux qui effectueront leurs choix de placement à la sauvette. Pourtant, investir dans un REER exige la même réflexion que toute autre décision d’achat. Pour bénéficier d’un rendement satisfaisant, on doit y consacrer tout le temps et tout le sérieux nécessaires, car les sommes versées dans un REER sont généralement placées à long terme et avec l’objectif de se bâtir une retraite intéressante.

Rappelez-vous les règles de base durant votre rencontre avec votre conseiller financier. Il faut bien connaître son profil d’investisseur, sa tolérance au risque et son horizon d’investissement, rester fidèle à son plan d’action et éviter de prendre des décisions sous le coup de l’émotion ou de l’impulsivité.

Votre conseiller peut vous aider là-dedans. Toutefois, il doit connaître votre situation financière et personnelle ainsi que vos objectifs de placement afin de pouvoir faire des recommandations pertinentes. Posez-vous les bonnes questions et préparez-vous avant de faire un investissement.

La période des REER est un bon temps pour rééquilibrer son portefeuille et faire une révision de ses placements. Méfiez-vous des produits à la mode ou des produits qui ont performé dans les derniers mois. Ce sont souvent ces types d’investissement qu’il faut éviter.

Autre différence entre la fourmi et la cigale : l’utilisation du temps dans sa stratégie d’investissement. En prenant l’habitude de cotiser régulièrement à son REER (par exemple, chaque mois), au lieu d’attendre chaque année à la dernière minute, et en cotisant dès votre jeunesse, vous pourrez utiliser la composition des intérêts à votre avantage et ainsi avoir la chance d’accumuler plus d’épargne.

Si votre employeur offre un REER collectif, souscrivez-y, surtout si celui-ci bonifie vos cotisations et prélève vos contributions directement à la source. Vous épargnerez de l’impôt directement, sans attendre le remboursement à la fin de l’année.

Enfin, même si vous cotisez à votre REER à la dernière minute, vous n’êtes pas forcé de choisir un produit de placement aujourd’hui. Vous pouvez le garder en liquidité dans votre REER et prendre le temps nécessaire pour faire le bon choix. En adoptant ainsi un comportement de fourmi, vous obtiendrez certainement de meilleurs résultats!

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5 décembre 2011

Nous en avions traité dans une chronique précédente, mais j’y reviens, tant la question est cruciale.

Elle a dominé toute l’actuali­té fi­nanciè­re de la dé­cen­nie, de­puis l’éclatement de la bul­le technologique jusqu’à la présente crise de la dette des États, en passant par la récession de 2008.

Je parle évidemment de la volatilité. Elle se révèle si forte, si importante qu’elle vient modifier en profondeur nos habitudes de placement, chambouler nos attentes et, parfois, invalider nos projections.

Il n’est donc pas étonnant de voir apparaître sur le marché des produits dont l’objectif est justement de la contrecarrer ou, à tout le moins, d’en atténuer les impacts.

Par exemple, de nouveaux fonds de placement concentrent leurs investissements dans des actions mondiales ayant enregistré la plus faible variabilité à long terme. Ils s’adressent à l’investisseur désireux de ne pas s’exposer uniquement au marché canadien et de se prémunir contre les éventuels contrecoups de la situation qui prévaut en Europe.

Bref, c’est un instrument de diversification et de sta­bilité. Il faut cependant comprendre que la réduction du risque ne se fait pas obligatoirement au détriment du rendement. Au contraire, l’objectif est de concilier les deux.

Disons que deux stratégies bien différentes pourraient vous valoir une progression de 30 % de votre portefeuille.

L’une privilégie cinq titres mirobolants, mais qui fluctuent beaucoup. L’autre mise sur 400 sociétés dont les titres ont montré une cons­tance surprenante dans le temps. À résultat égal, quel­le approche choisissez-vous? Le confort ou le danger?

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