Peut-être avez-vous entendu parler dans les nouvelles économiques de quantitative easing ou, en français, d’assouplissement quantitatif. Mais qu’est-ce que ça mange en hiver?
En résumé, l’assouplissement quantitatif est une politique monétaire que la Réserve fédérale américaine a décidé d’appliquer pour augmenter la masse monétaire (l’argent en circulation) en rachetant 600 G$ d’obligations fédérales à long terme. Cette politique est généralement préconisée lorsque les autres méthodes pour réguler la masse monétaire ont échoué (par exemple, lorsque le taux directeur, le taux d’escompte ou le taux interbancaire sont près de ou égal à 0 %). Ce qui est le cas en ce moment.
Mais est-ce une bonne nouvelle pour l’économie et les consommateurs? Même si l’activité économique semble reprendre du poil de la bête, l’augmentation du chômage et l’évolution quelque peu bizarre de l’inflation ont poussé la Réserve fédérale à prendre cette initiative. On pourra dire que c’est une bonne nouvelle si cette méthode permet d’assurer un climat propice à stimuler l’économie pendant une période de croissance par des taux d’intérêt bas et un assouplissement du crédit. Ainsi, les consommateurs et les petites entreprises ressentant moins de pression pour le remboursement de leurs dettes pourront continuer à consommer et donc à stimuler l’économie.
Toutefois, les risques d’une telle approche peuvent être grands. Un assouplissement de la politique monétaire pourrait créer une pression inflationniste, voire même hyper inflationniste sur l’économie. Cette méthode pourrait, non seulement, entraîner une baisse du dollar américain, mais inciter également les banques commerciales à agir autrement en n’assouplissant pas le crédit de leurs clients. Il est important de demeurer attentif aux conséquences d’une telle mesure.
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La reprise de l’économie mondiale se confirme, même si certaines inquiétudes demeurent. La question des dettes souveraines est préoccupante alors que la Grèce a dû demander l’aide de ses partenaires de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI). Le risque de contagion à d’autres pays européens, particulièrement le Portugal, a augmenté. La faiblesse persistante du crédit et les taux de chômage élevés dans plusieurs pays industrialisés pourraient aussi freiner la relance économique.
De notre côté, c’est tout le contraire! La vigueur de l’économie canadienne est impressionnante. Après une croissance annualisée de 5 % au dernier trimestre de 2009, tout indique que le PIB réel canadien s’est accru encore plus rapidement au début de 2010 notamment à cause de la tenue des Jeux olympiques qui a joué un rôle important alors que près du tiers de la hausse enregistrée durant le mois de février est attribuable aux secteurs des arts, des spectacles et des loisirs ainsi que de l’hébergement et de la restauration. Donc, cela confirme que le premier trimestre de 2010 se soldera vraisemblablement par une croissance (à rythme trimestriel annualisé) d’environ 5,8 %.
Rappelons qu’il s’agit d’une estimation identique au plus récent scénario de la Banque du Canada. Avec cette amélioration significative des perspectives économiques, il est évident qu’une politique monétaire basée sur un taux cible des fonds à un jour à 0,25 % est maintenant inappropriée et la Banque du Canada devrait hausser son taux directeur à sa prochaine rencontre (le 1er juin 2010), d’autant plus que l’engagement conditionnel à maintenir les taux inchangés a été retiré.
Au niveau de la belle province une nouvelle phase d’expansion s’amorce au Québec. Les plus récentes statistiques sur le PIB réel indiquent d’ailleurs que tout le terrain perdu pendant la récession a été regagné en l’espace de quelques mois. Le creux de la récession, qui a été atteint en mai 2009, est définitivement derrière nous. Le PIB réel a bondi de 0,9 % en janvier, permettant à l’activité économique d’excéder le sommet qui a précédé la période de contraction du PIB réel.
La durée de la récession s’est donc limitée à 8 mois alors que celles des années 1980 et 1990 avaient mis respectivement 15 mois et 22 mois avant de se résorber. Le fait que le Québec ait amorcé une nouvelle phase d’expansion constitue une excellente nouvelle. La province a ainsi une longueur d’avance sur ses principaux partenaires commerciaux, notamment le Canada et les États-Unis.
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Il y a bien peu de modifications dans le communiqué qui accompagne la décision de la Réserve fédérale de laisser ses taux directeurs inchangés. En fait, seules quelques nuances concernant la situation économique viennent se greffer aux documents publiés lors de la précédente réunion. Ainsi, le marché du travail s’améliore plutôt que de se stabiliser, et la croissance modérée des dépenses des ménages devient une accélération (picked up). Dans la même veine, plutôt que de stagner, les mises en chantier augmentent légèrement. Toutes ces modifications ne sont donc que le reflet des données économiques publiées au cours des récentes semaines : les croissances de 1,6 % des mises en chantier et des ventes au détail en mars, ainsi que les 162 000 embauches effectuées au cours du même mois. La Fed a gardé inchangés les commentaires moins positifs du communiqué.
Le plus important est quela phrase indiquant la volonté des dirigeants de la Fed à garder les taux directeurs exceptionnellement bas pour une longue période reste bien en place. Il est donc clair que la Fed garde le cap et que rien ne change concernant l’évolution de la politique monétaire. Cette prudence de la Fed fait figure de vertu, car les facteurs qui continuent de ralentir l’économie américaine sont toujours bien présents. Le marché du travail, malgré la récente amélioration, reste excessivement mauvais avec plus de 15 millions de chômeurs. Les récents gains du marché de l’habitation semblent surtout provenir du programme de crédit d’impôt qui s’achève bientôt, et il reste à voir si cette modeste résurgence est vraiment solide. Certains observateurs craignent une poussée de l’inflation due à une politique monétaire trop laxiste. La faiblesse du crédit démontre à quel point il n’y a pas de fondement solide à cette crainte. En fait, la désinflation prend de l’ampleur.
Implications : En faisant très peu de modifications à son discours, la Fed garde le cap et mise sur la prudence. Les dommages que la récession a fait subir à l’économie américaine sont tels que celle-ci a encore besoin d’une politique monétaire très expansionniste. Les taux directeurs ne devraient donc pas changer avant la fin de l’hiver 2011.
Source : Études économiques Desjardins
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L’augmentation du taux d’escompte américain (le taux d’intérêt que le gouvernement charge aux banques) la semaine dernière confirme, selon plusieurs, que la Fed entame un long processus de normalisation de sa politique monétaire. Il est certain que la Fed sera très prudente dans ses démarches afin de ne pas perturber les marchés financiers jusqu’à ce que la reprise économique soit plus solide.
La Fed a précisé que la hausse du taux d’escompte représente un ajustement technique et ne signale aucun changement dans les conditions monétaires. Néanmoins, lorsqu’on lit entre les lignes, on peut présumer qu’elle a bon espoir qu’une reprise économique durable est en cours.
La situation économique actuelle cependant laisse toujours prétendre que la première hausse du taux du Fed fund (le taux d’intérêt dont les banques se chargent entre elles) soit peu probable avant la fin de l’année ou au début de 2011.
La Fed ne sera sûrement pas pressée à resserrer le marché du crédit avec le taux de chômage à ces niveaux, des anticipations inflationnistes stables et le crédit bancaire commercial qui ne s’améliore pas.
Lors de la dernière réunion de la Fed en janvier, il a été dit que l’incertitude entourant les perspectives économiques est anormalement élevée. La réticence des consommateurs à consommer et des entreprises à embaucher demeure importante.
Bref, en dépit de la hausse du taux d’escompte, la première hausse du taux du Fed fund ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois ce qui devrait continuer à favoriser le marché des actions et autres actifs plus risqués.
(Source: BCA Research)
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