La Semaine de la PME bat son plein jusqu’à samedi. Voici quelques observations sur les finances personnelles de l’entrepreneur.
Généralement, il est sensible à l’importance de l’épargne et, même si sa société n’est pas inscrite en Bourse, il est plus familier avec le marché, la finance et l’économie que le citoyen moyen. Mais comment gère-t-il son actif personnel? Préfère-t-il prendre lui-même les décisions de placement? Veut-il être conseillé?
Le plus souvent, nous recommandons à l’entrepreneur de concentrer ses énergies sur la croissance de sa société. Il met ainsi ses habiletés et ses compétences à contribution pour accroître sa richesse et son patrimoine.
Pourquoi gaspiller son temps à suivre des titres, alors que ce n’est pas son métier? Pourquoi tenter de prévoir les orientations d’un marché, alors qu’il ne dispose pas nécessairement des outils, des connaissances et de l’expertise pour le faire efficacement?
Il est donc judicieux pour lui de faire appel à un conseiller en placement, qui l’accompagnera, non seulement dans la stratégie de placement, mais aussi dans la planification financière et fiscale. À cet égard, le conseiller n’hésitera pas à s’entourer d’une équipe de professionnels pour répondre à tous les besoins de l’entrepreneur.
Bien que chaque situation soit particulière et mérite une analyse spécifique, le conseiller en placement aura tendance à adopter une approche prudente, voire défensive, dans la gestion des avoirs personnels de l’entrepreneur.
Ce dernier prend déjà assez de risques chaque jour dans la conduite de ses affaires : un portefeuille stable ne peut pas lui faire de tort… Ce sera une bonne protection en cas de coup dur.
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Pour les dirigeants d’entreprises, un régime de retraite individuel (RRI) peut comporter de très grands avantages comparativement à un REER. Daniel Gagné, actuaire de la firme Mallette, nous en parle.
ENTREVUE. Quels sont les principaux avantages du RRI?
La différence entre un RRI et un REER est principalement la possibilité de cotiser davantage que dans un REER. De plus, l’argent vient de l’entreprise plutôt que de son dirigeant.
L’autre grand avantage est la possibilité d’y verser des cotisations pour les années antérieures à sa création, si certaines conditions sont respectées. Ces sommes viendront du REER du participant et d’une contribution supplémentaire de la compagnie, contribution déductible d’impôt.
Par exemple, un propriétaire de 50 ans d’une PME prospère, qui a toujours cotisé à son REER au maximum permis depuis 1991, peut mettre en place un RRI à son propre bénéfice et l’entreprise pourra effectuer une cotisation initiale atteignant 155 000 $; cette cotisation sera déductible d’impôt pour l’entreprise.
Qui est admissible et a avantage à mettre sur pied un RRI ?
Les propriétaires, les personnes rattachées à l’entreprise et les cadres supérieurs peuvent y souscrire. Pour en tirer un profit maximum, le chef (ou cadre supérieur) de l’entreprise doit avoir au moins 40 ans et doit s’être octroyé un salaire de plus de 50 000 $ par année.
Comment est calculée la cotisation nécessaire au financement du RRI?
La cotisation est déterminée par un actuaire, au moins une fois aux trois ans, pour constituer une rente valant 2 % du salaire indexé à la retraite par année de service. Le calcul se fait en fonction d’un rendement prévu de 7,5 % l’an. Cette cotisation spéciale sera considérée comme une dépense de l’entreprise, tout comme les cotisations annuelles régulières et les frais d’administration du régime. Si le rendement est inférieur à cette prévision de 7,5 % l’an, le manque à gagner peut être comblé par une cotisation spéciale de l’entreprise.
Imaginez un REER qui, lorsque le rendement n’est pas satisfaisant, permettrait au cotisant de compenser le rendement manquant tout en pouvant déduire cette cotisation. Vous venez de concevoir le RRI. De plus, si l’entrepreneur n’est pas satisfait des montants cumulés dans la caisse, il peut faire une dernière contribution déductible et y investir d’un seul coup plusieurs centaines de milliers de dollars.
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Les sociétés à capital de risque de travailleurs (SCRT) sont des fonds commandités par des organismes de travailleurs (syndicats), dans lesquels des particuliers regroupent de l’épargne (par l’achat d’actions de SCRT) afin d’investir dans des PME émergentes et de bénéficier d’un crédit d’impôt.
Les plus populaires au Québec sont le Fonds de solidarité FTQ et le Fondaction de la CSN. Actuellement, on peut cotiser un maximum de 5 000 $ par année à l’un de ces fonds. En optant pour le Fonds de solidarité FTQ, votre investissement réduira directement de 30 % votre impôt à payer. Depuis 2010, le Fondaction de la CSN accorde 40 % de crédit d’impôt. Alléchant n’est-ce pas?
Comme ces SCRT investissent majoritairement dans le capital-actions de petites et moyennes entreprises en démarrage, il existe donc un facteur de risque relié à ce type d’investissement. Si le crédit d’impôt est aussi généreux, c’est que le risque est plus élevé. Donc, avant d’y investir, il faut être conscient du risque de perte en capital.
Aussi, le côté moins intéressant de ce type de REER est que les fonds investis seront bloqués jusqu’à votre retraite ou jusqu’au premier dépôt de votre Régime des rentes du Québec (RRQ) à 60 ans. Ce que nous entendons par «bloqués», c’est que vous ne pourrez pas changer d’idée en cours de route et décider de transférer vos placements dans des investissements plus sûrs.
Généralement, nous recommandons à ceux qui s’approchent de la retraite de cotiser à des SCRT. Ainsi, le temps de détention sera réduit puisqu’il sera possible à la retraite de liquider les positions détenues dans ces fonds. Comme notre patrimoine est plus important en fin de carrière, l’ajout de ce genre de fonds à votre portefeuille ne viendra pas trop surpondérer vos investissements dans des titres de croissance.
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