L’augmentation du taux d’escompte américain (le taux d’intérêt que le gouvernement charge aux banques) la semaine dernière confirme, selon plusieurs, que la Fed entame un long processus de normalisation de sa politique monétaire. Il est certain que la Fed sera très prudente dans ses démarches afin de ne pas perturber les marchés financiers jusqu’à ce que la reprise économique soit plus solide.
La Fed a précisé que la hausse du taux d’escompte représente un ajustement technique et ne signale aucun changement dans les conditions monétaires. Néanmoins, lorsqu’on lit entre les lignes, on peut présumer qu’elle a bon espoir qu’une reprise économique durable est en cours.
La situation économique actuelle cependant laisse toujours prétendre que la première hausse du taux du Fed fund (le taux d’intérêt dont les banques se chargent entre elles) soit peu probable avant la fin de l’année ou au début de 2011.
La Fed ne sera sûrement pas pressée à resserrer le marché du crédit avec le taux de chômage à ces niveaux, des anticipations inflationnistes stables et le crédit bancaire commercial qui ne s’améliore pas.
Lors de la dernière réunion de la Fed en janvier, il a été dit que l’incertitude entourant les perspectives économiques est anormalement élevée. La réticence des consommateurs à consommer et des entreprises à embaucher demeure importante.
Bref, en dépit de la hausse du taux d’escompte, la première hausse du taux du Fed fund ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois ce qui devrait continuer à favoriser le marché des actions et autres actifs plus risqués.
(Source: BCA Research)
Popularity: 2% [?]
Dans une récente chronique sur le marché obligataire, nous abordions le principe du risque des obligations à long terme. Nous affirmions que dans un contexte où les taux d’intérêt se situent à des bas historiques, il était préférable de favoriser les échéances à court et moyen terme.
Tout d’abord, il faut comprendre qu’il existe deux grandes stratégies pour le marché obligataire : passives et actives. Les stratégies passives consistent à acheter et conserver jusqu’à l’échéance. Dans cette approche, les stratégies d’échelonnement sont souvent utilisées chez les investisseurs. Par exemple, un investissement de 100 000 dollars est réparti également entre cinq obligations dont l’échéance va de un à cinq ans. Une telle stratégie a pour avantage de rendre disponible à l’investisseur un cinquième de l’investissement initial chaque année.
Par ailleurs, les stratégies actives consistent à tirer avantage des opportunités potentielles de marché qui pourraient se présenter. Le choix des échéances et des émetteurs dépend non seulement des besoins et des contraintes de l’investisseur, mais aussi des perspectives économiques.
Vu le lien étroit qui existe entre la toile de fond économique et les taux d’intérêt, il devient stratégique de gérer la durée des obligations en portefeuille pour en optimiser son rendement. La durée globale du portefeuille est étroitement liée aux attentes envers l’économie, l’inflation, la politique monétaire, la politique budgétaire et le compte courant.
Rappelons que plus la durée d’une obligation ou d’un portefeuille est longue, plus la sensibilité au mouvement de taux d’intérêt est importante. Concrètement, une hausse générale de un pourcent des taux d’intérêt aura une plus grande incidence monétaire sur une obligation dont la durée est longue que sur une obligation dont la durée est courte.
Par exemple, l’incidence d’une hausse généralisée des taux d’intérêt de 1%, sur un portefeuille dont la durée est de dix ans, est de -10% versus -2% pour celui dont la durée est de deux ans. Si l’on anticipe une montée des taux d’intérêt, il est opportun de privilégier une durée relativement plus courte
Impact des fluctuations des taux d’intérêt sur différents portefeuilles :
| Durée du portefeuille obligataire | Hausse de 1% des taux d’intérêt |
Baisse de 1% des taux d’intérêt |
| 10 an | Perte de 10% | Gain de 10% |
| 1 an | Perte de 1% | Gain de 1% |
Il est certain qu’un investisseur qui possède une obligation gouvernementale de longue échéance pourrait garder cette obligation jusqu’à maturité et recevoir son capital et ses intérêts sans problème. On dira ainsi qu’il n’y a pas vraiment de risque. Le risque de perte se situe davantage sur le plan de la fluctuation à la baisse potentielle et la nécessité de se départir de cette obligation avant sa maturité.
Popularity: 1% [?]