Depuis quelques mois sont apparus sur les marchés financiers de nouveaux produits encore très mal connus du public, ce sont les fonds négociés en Bourse à effet de levier et à effet de levier inversé, commercialisé sous les marques Horizon BetaPro. Ces produits se transigent comme des actions et ils sont conçus pour doubler les variations journalières des indices sous-jacents à la hausse ou à la baisse.
Ainsi, selon les lectures du marché, les investisseurs peuvent augmenter leur espérance de rendement en misant sur les hausses ou les baisses de secteurs comme l’énergie, l’or, les ressources naturelles, les services financiers, le S&/TSX composite et bien d’autres.
Toutefois, l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM), anciennement l’ACCOVAM, a émis un communiqué à l’attention des conseillers en placement concernant l’importance de bien connaître son client et de s’assurer que ces produits se retrouvent entre les mains d’investisseurs comprenant les risques reliés associés.
Ces produits visent à doubler les rendements de l’indice qu’il reproduit. Celà est vrai à la fin de la première journée de détention de ces fonds. Toutefois, si la détention de ces titres est d’une durée plus grande qu’une journée, les pertes possibles peuvent être abyssales! Il est donc très important de comprendre comment ils fonctionnent. De plus, les frais de gestion associés à ces fonds sont relativement élevés et viennent réduire ainsi l’espérance de rendement.
Bernard Mooney, dans lesaffaires.com du 2 octobre dernier, nous donne l’exemple suivant :
« Supposons que vous investissiez 100 $ dans trois FNB : le premier est le FNB classique qui reproduit l’indice, le deuxième double le rendement quotidien à la hausse de l’indice (FNB haussier), et le troisième réalise le double de l’inverse de l’indice (FNB baissier).
La première journée, l’indice grimpe de 10 %. Le premier fonds vaut alors 110 $, le deuxième 120 $ (100 $ + 2 X 10 %, soit 20 $) et le troisième 80 $ (100 $ – 2 X 10 %).
Le lendemain, l’indice perd 10 %, ce qui équivaut à un rendement moyen de zéro pour les deux jours. Le FNB classique vaut alors 99 $ (110 $ – 10 %, soit 11 $). Le FNB haussier vaut 96 $ (120 $ – 2 X 10 %, soit 24 $), tout comme le FNB baissier. Si vous répétez cette séquence durant 10 jours, les deux fonds à levier vaudront 81,54 $, tandis que le FNB classique vaudra 95,10 $. Poursuivez cette séquence pendant six mois, et chacun de vos FNB à effet de levier ne vaudra plus que 2,54$.
Pendant que le marché aura fluctué quotidiennement sans reculer durant cette période, vous aurez perdu 97,4 % de votre capital !!! »
Récemment, Valeurs Mobilières Desjardins nous a informés que tous ses conseillers en placement ne pourraient plus solliciter les clients avec ces produits et que seulement des ordres non sollicités seraient acceptés à condition que le client ait signé son octroi à l’attribution d’une partie de son portefeuille à des titres spéculatifs.
Bref, à moins que vous soyez un boursicoteur aguerri ayant une vision à très court terme ou un investisseur institutionnel voulant faire de la couverture de risque, les fonds négociés en Bourse à effet de levier ne sont pas pour vous.
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Depuis la crise financière qui a secoué notre économie au cours des 12 derniers mois, plusieurs investisseurs ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis la possibilité qu’une firme de courtage au Canada puisse faire faillite.
Pour protéger les investisseurs, sachez qu’il existe un Fond permettant de recouvrir la totalité de leur actif jusqu’à concurrence de 1 000 000 $ en cas d’insolvabilité d’une firme membre. Il s’agit du Fond canadien de protection des épargnants (FCPE). Le FCPE publie sur son site Web une liste des compagnies membres dont les clients ont droit à cette protection.
Bien sur, si vos placements sont avec une des grandes institutions financières canadiennes, notamment chez Desjardins, l’insolvabilité d’une de ses dernières ne devrait pas vous inquiéter.
Le FCPE protège les clients en cas de faillite ou d’insolvabilité d’un membre de l’organisme canadien de règlementation du commerce des valeurs mobilières. Cependant, le Fond ne couvre pas les pertes des clients qui découlent de la variation de la valeur du marché de leurs titres.
Notez que la couverture de 1 000 000 $ s’applique au compte général et qu’une couverture additionnelle de 1 000 000 $ s’ajoute pour chaque compte distinct (un REER par exemple).
Au 31 août 2008, le FCPE détenait des ressources de 530 millions de dollars composées de :
Dans le cas peu probable où le Fond n’aurait pas les ressources suffisantes pour indemniser les clients, le FCPE peut appeler des cotisations auprès des courtiers membres de l’OCRCVM, à concurrence de certaines limites, jusqu’à ce que toutes les réclamations soient réglées.
Si vous ne dormez pas bien sur vos deux oreilles c’est peut-être parce que votre firme de courtage n’est pas membre du FCPE ?
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À eux seuls, Bernard Madoff, Vincent Lacroix et maintenant Earl Jones auront floué des centaines et des centaines d’investisseurs en manigançant afin de détourner les fonds pour leur profit personnel. Une grande majorité de ces investisseurs verront la totalité de leur pécule financier disparaître et se retrouveront sans le sou.
Même s’ils n’ont pas perdu la vie puisque le destin leur a fait croiser un fraudeur plutôt qu’un tueur en série, ces investisseurs, pour la plupart, seront forcés de modifier leur qualité de vie et devront faire face à un avenir beaucoup moins ensoleillé que souhaité.
Est-il normal qu’un retraité soit forcé de retourner sur le marché du travail et de travailler de longues heures et de longues semaines, et ce, pour une période souvent plus longue que la peine que ces fraudeurs devront purger pour leur délit?
L’industrie des services financiers est un secteur extrêmement réglementé. Les individus qui décident d’y travailler doivent y suivre des normes et des règlements très stricts sur la façon de se conduire et de faire des affaires. On ne s’improvise pas conseillers en placement, ou planificateur financier. Pour obtenir ces titres, il faut se conformer à des exigences de formation continue et d’applications sévères sur les façons d’exercer la profession tant au niveau de la déontologie que des normes de conduite.
En vertu des lois provinciales, il faut avoir obtenu l’autorisation appropriée pour donner des conseils quant à l’achat ou à la vente de valeurs mobilières. Ainsi, les représentants, associés ou dirigeants de maisons de courtage doivent être inscrits selon leurs fonctions respectives. En outre, l’entreprise avec laquelle une personne travaille, que ce soit à titre de représentant, de dirigeant ou d’associé, doit elle aussi avoir obtenu l’autorisation nécessaire.
Toute personne qui négocie ou qui, par son action, sa conduite ou par le biais d’une publicité, participe, même indirectement, à toute tentative de faire le commerce de valeurs mobilières ou d’exercer des activités à titre de courtier ou de conseiller peut être réputée exercer le commerce des valeurs mobilières de manière illégale si elle n’est pas inscrite.
Les organismes de réglementation
Il faut savoir que «Corporation Earl Jones, conseiller administratif» n’était membre d’aucun organisme d’autoréglementation (OAR) comme l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCMV), ni de l‘Autorité des marchés financiers (AMF). Des entreprises comme celle de Earl Jones font un tort incroyable à notre industrie puisqu’elles ne se soumettent pas aux mêmes exigences en matière de conformité, de réglementation et de formation des gens qui travaillent dans cette industrie. Il faut savoir aussi qu’un « conseiller administratif » n’est rien au sens de la loi sur les valeurs mobilières…
Le rôle de l’AMF est de vérifier la compétence et l’intégrité des participants du secteur par le biais de ses exigences de formation et de ses processus d’agrément et d’inscription.
Le secteur des fonds communs de placement au Québec relève de l’AMF et de la Chambre de la sécurité financière. L’AMF est chargée de surveiller les activités des organismes de placement collectif, alors que la Chambre est responsable de l’établissement et de la surveillance des critères de formation continue, ainsi que de l’application d’un code de déontologie pour les représentants agréés.
Ensuite, il faut comprendre le rôle des OAR comme l’OCRCVM, qui sont responsables de veiller à ce que leurs membres se conforment aux lois sur les valeurs mobilières, et le pouvoir des OAR de prescrire leurs propres règles de conduite et exigences financières à ceux-ci. « Corporation Earl Jones, conseiller administratif » n’était pas membre d’un OAR.
Il est fondamental de s’assurer que son fournisseur de services financiers soit un membre d’un OAR, de sorte que ses membres soient soumis à des règlementations très strictes sur les normes de conduite.
D’autant plus que l’ensemble des grandes institutions financières au Canada sont membres du Fonds canadien de protection des épargnants (FCPE). Le rôle principal du FCPE consiste à protéger les épargnants tandis que son rôle secondaire, qui est de surveiller le régime d’autoréglementation, lui fournit un moyen de réduire les risques liés à son rôle principal. Le FCPE protège les clients en cas de faillite ou d’insolvabilité d’un membre de l’un des organismes d’autoréglementation (OAR). Le FCPE publie sur son site Web (www.cipf.ca) une liste des membres dont les clients admissibles ont droit à la protection. Bien sûr, «Corporation Earl Jones, conseiller administratif» ne figure pas sur cette liste.
J’aurais le stylo nerveux si j’avais à faire un chèque de toutes mes épargnes à une entreprise comme «Corporation Earl Jones, conseiller administratif». Il en est tout autrement si je fais le même chèque à Desjardins ou à une des grandes banques canadiennes.
Il est du devoir de chacun de bien s’informer sur les gens à qui il a confié son argent. Malheureusement, quand vient le temps de parler finances, cela n’intéresse pas la majorité, et il est fréquent de voir des épargnants confier leurs épargnes au premier venu. Dans le cas d’Earl Jones, on parle de relations de longue date avec ses clients, d’amitiés, même. Un comportement pathologique. Comment un individu peut-il avoir un tel comportement et agir de la sorte? Combien de vies aura-t-il anéanties?
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