19 septembre 2011

Il semble que les marchés boursiers, précurseurs de l’économie, aient anticipé le ralentissement que vous redoutez. Jugez-en par vous-même : depuis 1960, l’indice S&P 500 a connu 12 périodes de correc­tion excédant 18 %. Parmi ces périodes de recul, huit périodes ont correctement annoncé une récession.

Or, entre le 22 juillet et le 9 août dernier, le S&P 500 a perdu 18,5 %. Même si le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, préfère parler d’une croissance très faible, la menace d’enlisement n’en est pas moins présente et d’autres indicateurs (masse monétaire réelle, moyenne hebdomadaire des heures de travail, nouvelles commandes de biens durables, vente de logements, de meubles et d’articles ménagers, etc.) pourraient bientôt la confirmer.

Mais ce repli récent des marchés boursiers a du bon, puisqu’il ramène les ratios cours-bénéfices à des niveaux fort attrayants : 12,3 au Canada, 10,8 aux États-Unis, 9 dans les pays émergents et 8,4 en Europe, pour une moyenne mondiale de 10. Dans ce contexte, et considérant le taux des obligations, les actions offrent beaucoup d’intérêt. Ce serait donc le temps d’acheter…

Évidemment, des incertitudes persistent dans la zone euro : l’ampleur des dettes des gouvernements constitue un risque systémique réel, et personne ne peut prévoir la suite avec exactitude. Dans ma chronique de la semaine prochaine, qui traitera de la théorie du cygne noir, j’identifierai des repères qui peuvent quand même nous guider.

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12 septembre 2011

Plusieurs institutions financières du Canada se démarquent à l’échelle mondiale. Coup d’œil au palmarès dressé par le magazine Global Finance.

Après la tourmente des der­nières an­nées, au cours desquelles de gran­­­­des ban­ques se sont littéralement écroulées, la publication de la liste des 50 institutions financières les plus sûres au monde, établie par le magazine Global Finance, suscite un intérêt accru.

L’édition de cette année, toute récente, est dominée par les institutions qui ont su contrôler avec rigueur leur exposition au risque avant l’éclatement de la crise de 2008. Les autres doivent péniblement redresser leur bilan et reconquérir la faveur populaire.

Le classement tient comp­­te de l’actif total des 500 plus grandes banques de la planète et de leurs cotes de crédit à long terme, attribuées par Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch.

Le Groupe RBC, qui occupait le 10e rang en 2010, glisse au 11e. Par contre, la TD et la Banque Scotia progressent, passant respectivement de la 15e à la 13e position et de la 22e à la 18e position. Desjardins, qui se situait au 25e rang l’an dernier, se hisse au 20e. La BMO et la CIBC améliorent également leur résultat, passant respectivement du 36e rang au 30e et du 37e rang au 31e.

La Banque Nationale et la Banque Laurentienne sont absentes, encore cette an­née, du palmarès. Il est rassurant de constater que la majorité de nos institutions financières se démarquent à l’échelle mondiale. En maintenant un ratio de fonds propres supérieur aux exigences des organismes de réglementation, elles restent concurrentielles et fiables.

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29 août 2011

Suffit d’émettre l’idée pour que bien des travailleurs en rêvent. La semaine de quatre jours aurait des avantages et pourrait contrer le chômage… C’est du moins l’idée qu’a­van­ce Juliet B. Schor dans son livre Plenitude. Et elle mérite qu’on s’y arrête.

La semaine de quatre jours, impliquant une réduc­tion de 20 % des heures travaillées, a déjà été expérimentée aux Pays-Bas. Elle pourrait faire recette au Canada et aux États-Unis, aux prises avec un grave problème de chômage, que la menace actuelle de récession risque d’aggraver.

En fait, la formule présente des avantages pour tous. Aux sans-emploi, elle donne accès au marché de la main-d’œuvre. Aux salariés, elle offre un moyen intéressant de mieux concilier travail et famille. Elle laisse plus de temps libre pour s’accomplir personnellement et s’engager dans la communauté.

Aux entreprises, elle permet une gestion plus facile des ressources humaines et des remplacements en cas d’absence. Sans parler d’une possible amélioration de la productivité et de la constitution d’une relève aguerrie.

Pour autant qu’elle ne pénalise pas les travailleurs qui reçoivent le salaire minimum, la semaine de quatre jours pourrait créer une nouvelle richesse et avoir une incidence positive sur le PIB. Qui sait ?

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24 mai 2011

Les États-Unis ont longtemps do miné l’économie de la planète. Mais est-ce toujours le cas, au lendemain d’une crise financière qui a augmenté leur dette de plusieurs milliards de dollars? C’est la ques tion que se pose George Friedman, spécialiste en sciences politiques, dans son récent ouvrage : The Next Decade.

D’entrée de jeu, l’auteur rappelle que les États-Unis génèrent grosso modo le quart de l’activité économique mondiale. Avec un PIB total de 8 400 G$, les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ne font pas le poids face à notre voisin du Sud, dont le PIB dépasse 14 400 G$.

Selon Friedman, la population se représente mal le gigantisme de l’économie américaine, autour de laquel le gravite celle des autres pays, incluant la Chine. Certes, les deux pays dépendent l’un de l’autre, mais pas de façon symétrique : les États-Unis peuvent plus facilement se passer de la Chine que l’inverse. L’Empire du Milieu a trop besoin du marché américain…

«La vision de la Chine en Occident, écrit Friedman, est celle d’un pays sûr de lui, dont l’expansion économique va rapidement lui permettre d’entrer dans le cercle des pays industrialisés. Mais les dirigeants chinois ne voient rien de tel. Pour eux, leur pays est divisé à l’extrême, et seule une très petite partie de la population va entrer dans le cercle des nantis, en laissant le reste en arrière.»

Pour illustrer cette fracture, il énumère les statistiques suivantes : la Banque populaire de Chine évalue que la classe moyenne est formée de 60 millions de citoyens, dont le revenu familial moyen avoisine 20 000 $.

Pour 400 millions de Chinois, ce revenu annuel par ménage se situe entre 1 000 et 2 000 $. Et pour 600 millions d’autres, il est inférieur à 1 000 $ (soit 3 $ par jour). «Quand on parle de la Chi ne, observe Friedman, la plupart des investisseurs pensent à Hong Kong et aux villes côtières qu’ils connaissent. Mais ce n’est qu’une partie du pays. Cette Chine-là est un prolongement de l’Europe et des États-Unis. En vérité, elle est incapable de vendre ses iPod au reste du pays. Elle peut consommer elle-même une partie de sa production, mais il faut absolument qu’elle exporte le reste en Occident.»

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