Voici un aperçu des faits marquants de la semaine se terminant le 19 février 2010 dans les marchés financiers et dans l’économie :
• La Réserve fédérale monte son taux d’escompte sans toucher véritablement à sa politique monétaire.
• La production industrielle, les mises en chantier et l’indicateur avancé ont tous augmenté en janvier aux États-Unis.
• États-Unis : l’inflation est moins forte que prévu.
• Canada : une autre hausse du taux annuel d’inflation totale.
• Canada : les ventes des manufacturiers, des grossistes et des détaillants progressent en décembre.
• L’optimisme revient sur les Bourses.
• Le marché obligataire est préoccupé par la Réserve fédérale.
• Encore des gains pour le billet vert en dépit d’une atténuation des craintes sur les marchés.
Source : Études économique Desjardins
La Fed maintient le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux dans une fourchette de 0,00 % à 0,25 %.
- L’économie a continué de prendre des forces, et la détérioration du marché du travail s’estompe. La consommation croît à un rythme modéré, mais elle demeure contenue par les pertes d’emplois, par la croissance molle des revenus, par la baisse de la valeur des maisons et par les difficultés d’obtention du crédit. Les investissements des entreprises en équipements et logiciels semblent remonter, mais leurs investissements immobiliers se contractent encore. Les entreprises ont ramené leurs stocks à un niveau plus approprié face aux ventes. Bien que le crédit se contracte, les conditions financières amènent un appui à la croissance économique.
- La sous-utilisation des capacités de production et la stabilité des anticipations inflationnistes font que l’inflation demeurera modérée.
- La Fed s’attend à ce que les conditions économiques prescrivent des taux directeurs exceptionnellement bas pour
une longue période. Le président de la Fed de Kansas City, Thomas Hoenig, s’est opposé à cette mention, signalant
qu’elle n’était plus nécessaire vu le changement des conditions économiques et financières.
- Dans le cadre de sa politique quantitative, la Fed poursuivra d’ici la fin du premier trimestre ses achats de titres
hypothécaires et d’obligations émises directement par les agences hypothécaires.
EXTRAIT DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA RÉSERVE FÉDÉRALE
Information received since the Federal Open Market Committee met in December suggests that economic activity has continued to strengthen and that the deterioration in the labor market is abating. Household spending is expanding at a moderate rate but remains constrained by a weak labor market, modest income growth, lower housing wealth, and tight credit. Business spending on equipment and software appears to be picking up, but investment in structures is still contracting and employers remain reluctant to add to payrolls. Firms have
brought inventory stocks into better alignment with sales. While bank lending continues to contract, financial market conditions remain supportive of economic growth. Although the pace of economic recovery is likely to be moderate for a time, the Committee anticipates a gradual return to higher levels of resource utilization in a context of price stability.
With substantial resource slack continuing to restrain cost pressures and with longer-term inflation expectations stable, inflation is likely to be subdued for some time.
The Committee will maintain the target range for the federal funds rate at 0 to 1/4 percent and continues to anticipate that economic conditions, including low rates of resource utilization, subdued inflation trends, and stable inflation expectations, are likely to warrant exceptionally low levels of the federal funds rate for an extended period. [...]
Source : Études économique Desjardins
La reprise économique mondiale est bel et bien entamée. Même si les gouvernements jouent un rôle encore très important dans cette reprise, le réapprovisionnement des inventaires des compagnies et les investissements modestes dans différents secteurs économiques devraient avoir un impact positif sur la croissance et l’emploi dans les mois à venir. Une contribution plus substantielle de la consommation devrait se faire sentir dans la deuxième moitié de 2010.
Nous sommes d’avis que les marchés boursiers devraient maintenir leur biais à la hausse au cours de l’année. Des taux d’intérêts maintenus à des bas historiques, une inflation sous contrôle et une sous-pondération dans le marché des actions de la part de plusieurs investisseurs représentent le fondement de cette thèse. La croissance des bénéfices devrait être le principal moteur du rendement des marchés boursiers.
Alors que la reprise se fait sentir, l’anticipation des hausses de taux des banques centrales ainsi que les actifs qui se déplacent des obligations vers des actifs plus risqués pourraient ébranler le marché obligataire et faire grimper les taux longs termes. Les taux obligataires 10 ans du gouvernement pourraient donc augmenter à 4,25% et 4,50% au Canada et aux États-Unis, respectivement, au cours de l’année.
Après deux années extraordinaires pour les marchés financiers, nous anticipons un retour à la «normale» et moins mouvementé en 2010. Bien que nous aimerions avoir une deuxième année de 35% pour les marchés boursiers, la réalité est que la «nouvelle normalité» est susceptible de nous apporter un marché haussier plus modeste, en ligne avec les moyennes historiques.
Dans une récente chronique sur le marché obligataire, nous abordions le principe du risque des obligations à long terme. Nous affirmions que dans un contexte où les taux d’intérêt se situent à des bas historiques, il était préférable de favoriser les échéances à court et moyen terme.
Tout d’abord, il faut comprendre qu’il existe deux grandes stratégies pour le marché obligataire : passives et actives. Les stratégies passives consistent à acheter et conserver jusqu’à l’échéance. Dans cette approche, les stratégies d’échelonnement sont souvent utilisées chez les investisseurs. Par exemple, un investissement de 100 000 dollars est réparti également entre cinq obligations dont l’échéance va de un à cinq ans. Une telle stratégie a pour avantage de rendre disponible à l’investisseur un cinquième de l’investissement initial chaque année.
Par ailleurs, les stratégies actives consistent à tirer avantage des opportunités potentielles de marché qui pourraient se présenter. Le choix des échéances et des émetteurs dépend non seulement des besoins et des contraintes de l’investisseur, mais aussi des perspectives économiques.
Vu le lien étroit qui existe entre la toile de fond économique et les taux d’intérêt, il devient stratégique de gérer la durée des obligations en portefeuille pour en optimiser son rendement. La durée globale du portefeuille est étroitement liée aux attentes envers l’économie, l’inflation, la politique monétaire, la politique budgétaire et le compte courant.
Rappelons que plus la durée d’une obligation ou d’un portefeuille est longue, plus la sensibilité au mouvement de taux d’intérêt est importante. Concrètement, une hausse générale de un pourcent des taux d’intérêt aura une plus grande incidence monétaire sur une obligation dont la durée est longue que sur une obligation dont la durée est courte.
Par exemple, l’incidence d’une hausse généralisée des taux d’intérêt de 1%, sur un portefeuille dont la durée est de dix ans, est de -10% versus -2% pour celui dont la durée est de deux ans. Si l’on anticipe une montée des taux d’intérêt, il est opportun de privilégier une durée relativement plus courte
Impact des fluctuations des taux d’intérêt sur différents portefeuilles :
| Durée du portefeuille obligataire | Hausse de 1% des taux d’intérêt |
Baisse de 1% des taux d’intérêt |
| 10 an | Perte de 10% | Gain de 10% |
| 1 an | Perte de 1% | Gain de 1% |
Il est certain qu’un investisseur qui possède une obligation gouvernementale de longue échéance pourrait garder cette obligation jusqu’à maturité et recevoir son capital et ses intérêts sans problème. On dira ainsi qu’il n’y a pas vraiment de risque. Le risque de perte se situe davantage sur le plan de la fluctuation à la baisse potentielle et la nécessité de se départir de cette obligation avant sa maturité.