25 mai 2010

Au cours des dernières semaines, presque toute l’attention a été portée sur l’Europe, en particulier sur les pays membres de la zone euro. La situation  critique en Grèce, tant sur le plan politique que sur le plan financier, a ébranlé la planète en ramenant à la surface les mauvais souvenirs de la dernière crise financière mondiale. La peur de la contagion à d’autres pays de la zone euro dont les finances publiques sont précaires comme le Portugal, l’Espagne, l’Irlande ou encore l’Italie a fait exploser leurs taux obligataires et fait craindre le pire pour le système bancaire européen. 

Un plan musclé de plus de 700 G€ (875 G$ US) de la part des autorités de la zone euro, de ses différents pays membres et du Fonds monétaire international (FMI) a permis de circonscrire le brasier sans toutefois l’éteindre complètement. Le feu couve toujours sous la cendre, et une surveillance étroite est de mise pour que les flammes ne se ravivent pas. 

La nervosité est bien réelle sur les places financières européennes et, étant donné l’intégration des marchés financiers à l’échelle internationale, elle se ressent jusqu’ici. Aucune Bourse n’a été épargnée lorsque la crise des dettes souveraines a atteint son paroxysme. Par exemple, le S&P 500 a chuté de 6,4 % durant la semaine du 3 mai, le S&P/TSX de 4,4 %, la Bourse de Shanghai de 6,3 % et le Nikkei 225 de 7,2 %.  L’indice VIX de la volatilité du marché boursier américain s’est aussi envolé au cours de la même semaine.

La monnaie eurolandaise a été durement touchée par les événements récents. La situation a probablement été amplifiée par l’évidence des faiblesses structurelles et institutionnelles de cette zone monétaire. L’euro aura du mal à se relever à court terme, mais sa faiblesse pourrait être en même temps une source de salut pour l’économie réelle. Une devise faible favorisera le secteur extérieur. Ce dernier pourra prendre le relais de la demande intérieure, qui est désavantagée par les actions posées pour redresser les finances publiques, soit des hausses de taxes et d’impôts et d’importantes compressions des dépenses gouvernementales. Le Royaume-Uni, dont les élections se sont soldées par un flottement politique momentané, aura aussi à affronter un grand défi sur le plan des finances publiques. Ces régions du globe, dont la croissance économique était déjà plutôt anémique et qui sont de plus aux prises avec un ciel perturbé par des fumées volcaniques, auront fort à faire pour se garder la tête hors de l’eau.

Pour l’instant, l’impact anticipé sur les économies réelles américaine et canadienne est faible. Les échanges commerciaux avec la zone euro sont plutôt modestes. Les prévisions économiques et financières n’ont d’ailleurs subi que de légères modifications depuis le mois dernier. Cependant, si les conséquences financières s’amplifiaient, que les conditions de crédit se resserraient, que les liquidités se raréfiaient au point de créer une autre crise majeure ou que les marchés boursiers trébuchaient de façon durable, la confiance pourrait chuter à nouveau, et ce, partout sur la planète. La reprise, toujours fragile, pourrait alors être remise en question. Même si ce n’est pas le scénario retenu, les risques en ce sens ont considérablement augmenté.

(Source : Études économiques Desjardins)

Popularity: 1% [?]

11 mai 2010

La reprise de l’économie mondiale se confirme, même si certaines inquiétudes demeurent. La question des dettes souveraines est préoccupante alors que la Grèce a dû demander l’aide de ses partenaires de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI). Le risque de contagion à d’autres pays européens, particulièrement le Portugal, a augmenté. La faiblesse persistante du crédit et les taux de chômage élevés dans plusieurs pays industrialisés pourraient aussi freiner la relance économique.

De notre côté, c’est tout le contraire! La vigueur de l’économie canadienne est impressionnante. Après une croissance annualisée de 5 % au dernier trimestre de 2009, tout indique que le PIB réel canadien s’est accru encore plus rapidement au début de 2010 notamment à cause de la tenue des Jeux olympiques qui a joué un rôle important alors que près du tiers de la hausse enregistrée durant le mois de février est attribuable aux secteurs des arts, des spectacles et des loisirs ainsi que de l’hébergement et de la restauration. Donc, cela confirme que le premier trimestre de 2010 se soldera vraisemblablement par une croissance (à rythme trimestriel annualisé) d’environ 5,8 %.

Rappelons qu’il s’agit d’une estimation identique au plus récent scénario de la Banque du Canada. Avec cette amélioration significative des perspectives économiques, il est évident qu’une politique monétaire basée sur un taux cible des fonds à un jour à 0,25 % est maintenant inappropriée et la Banque du Canada devrait hausser son taux directeur à sa prochaine rencontre (le 1er juin 2010), d’autant plus que l’engagement conditionnel à maintenir les taux inchangés a été retiré.

Au niveau de la belle province une nouvelle phase d’expansion s’amorce au Québec. Les plus récentes statistiques sur le PIB réel indiquent d’ailleurs que tout le terrain perdu pendant la récession a été regagné en l’espace de quelques mois. Le creux de la récession, qui a été atteint en mai 2009, est définitivement derrière nous. Le PIB réel a bondi de 0,9 % en janvier, permettant à l’activité économique d’excéder le sommet qui a précédé la période de contraction du PIB réel.

La durée de la récession s’est donc limitée à 8 mois alors que celles des années 1980 et 1990 avaient mis respectivement 15 mois et 22 mois avant de se résorber. Le fait que le Québec ait amorcé une nouvelle phase d’expansion constitue une excellente nouvelle. La province a ainsi une longueur d’avance sur ses principaux partenaires commerciaux, notamment le Canada et les États-Unis.

Popularity: 1% [?]

18 janvier 2010

ist1_8253682-pie-chartLa croissance économique des pays émergents n’est plus un secret pour personne, les investisseurs des pays développés leur accordent de plus en plus d’importance. La valeur de leurs actions a augmenté considérablement au cours de l’année 2009 par rapport à celles des pays développés (tel qu’illustré sur le tableau plus bas).

Est-ce que 2010 nous réserve un écart de rendement semblable?
Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique sera plus importante pour les pays émergents. La Chine et l’Inde devraient sortir du peloton avec des croissances économiques prévues de 9 % et de 6,4 % respectivement, par rapport à 3,1 % pour la moyenne des pays développés. Toutefois, la valeur des actions de la majorité des pays émergents reflète déjà la croissance anticipée. L’évaluation des actions, sur base historique, est élevée avec un ratio cours – bénéfice moyen de 16,5 comparé à une moyenne historique de 14,5. Compte tenu de ces évaluations, il serait surprenant de revoir un écart de rendement aussi important en 2010.

Privilégier l’Inde et le Brésil
Selon Bank Credit Analyst (BCA), l’Inde et le Brésil devrait être privilégiés par rapport aux autres pays émergents. Selon eux, des dépenses en capital importantes sont à prévoir au cours des prochaines années. Ces dernières stimuleront davantage leur économie que celle de la Chine par exemple. Selon Goldman Sachs, les dépenses d’infrastructure en Inde atteindront 1 700 milliards de dollar américain au cours de la prochaine décennie, créant ainsi plusieurs opportunités pour les investisseurs. Au Brésil, les secteurs des matières premières et de l’énergie représentent 52 % de la Bourse. Dans un contexte de croissance économique mondiale, ces deux secteurs devraient bien performés en 2010.

Pays

Rendement de l’indice en 2009  (converti en dollar canadien)

Croissance prévue du PIB en 2010 (selon FMI)

     
 Brésil

111,9 %

3,5 %

 Russie

88,9 %

1,5 %

 Inde

74,1 %

6,4 %

 Chine

56,8 %

9,0%

 Hong Kong

34,5 %

3,5 %

 Pays  développés (MSCI World)

12,2 %

3,1 %

Source: Bank credit analyst, FMI

Popularity: 4% [?]