Les profits moyens des compagnies à l’intérieur de l’indice du TSX connaissent actuellement une baisse importante par rapport à l’année précédente. Alors, comment expliquer le rebond que nous connaissons actuellement dans le marché boursier?
On peut dire, sans trop se tromper, que le marché anticipait le pire. On parlait même de dépression… Or, le marché semble plutôt nous indiquer que ce sera une sévère récession, mais que le ciel ne nous tombera pas sur la tête et qu’il y aura de meilleurs jours à venir.
Avant 2001, on remarquait que les marchés boursiers connaissaient des hausses importantes, surtout à la suite des baisses de taux d’intérêt venant de la Réserve fédérale américaine. Après 2001, les hausses des marchés étaient plutôt le reflet de preuves tangibles d’une croissance des profits des compagnies et d’une croissance économique soutenue.
Les hausses des dernières semaines pourraient simplement représenter un léger regain de confiance dans le système économique plutôt qu’un rebond dans l’économie. Il est encore tôt pour déterminer si le pire de l’économie est derrière nous. Le marché boursier étant un marché d’anticipation, il demeure l’un des meilleurs indicateurs précurseurs de la reprise, et ce, même lorsque les profits des compagnies baissent et que le taux de chômage augmente.
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Les mauvaises nouvelles entourant l’économie continuent d’inonder notre quotidien. Nous sommes tous à l’affût de signaux qui annonceront la fin de ce marasme. Or, pour une rare occasion, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a annoncé mardi une double dose de réconfort pour les marchés financiers :
- La récession américaine pourrait prendre fin en 2009.
- Le gouvernement n’a pas l’intention de nationaliser les banques américaines.
Dans son rapport semestriel présenté au comité sénatorial des banques, Bernanke prédit que l’économie est susceptible de se contracter au cours des six premiers mois de 2009, mais qu’il «existe une perspective raisonnable» de voir la récession prendre fin cette année. Il mentionne également qu’une reprise est possible seulement si le crédit est disponible et que les marchés financiers fonctionnent normalement. Le gouvernement doit donc continuer à travailler avec les banques en difficulté pour les ramener à la rentabilité. Le chef de la Fed a également déclaré officiellement que la nationalisation des banques «n’est pas nécessaire».
Les investisseurs ont été encouragés par le fait que l’indice S&P 500 soit resté au-dessus de son bas niveau du 21 novembre, à 741,02. Cependant, plusieurs croient encore que ce n’est qu’une question de temps avant que le marché ne trouve un nouveau creux. Plusieurs demeurent convaincus que la seule façon d’atteindre un plancher réel est de vivre une période de capitulation où même les plus optimistes lanceront la serviette et sortiront du marché.
Si Bernanke a raison et que la récession se termine en 2009, il est fort probable que le marché boursier atteindra son véritable creux bientôt, si ce n’est pas déjà fait. L’histoire nous démontre que le marché boursier est un des meilleurs indicateurs précurseurs de l’économie et anticipe normalement la reprise économique de 6 à 9 mois d’avance.
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Warren Buffett sait bien manier les petites phrases accrocheuses et je pense qu’il l’a manifesté le mieux dans celle-ci : «Soyez craintifs quand les autres sont avides, et avides quand les autres sont craintifs». Il y a quelques années, John Templeton préconisait d’investir au moment où le pessimisme est le plus noir. Je crois que Warren Buffet et John Templeton seraient d’accord pour dire qu’aujourd’hui nous vivons dans un tel moment.
Cela ne veut pas dire que nous ne continuerons pas d’être ballottés par des nouvelles économiques pénibles. En fait, il est pratiquement certain que les licenciements et le ralentissement économique feront encore les manchettes ces prochains temps. Il est important de se rappeler que la plupart de ces mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte dans le cours des actions. Et, juste en passant, Jeremy Siegel – qui avait prévu l’effondrement de la bulle technologique – dit qu’on trouve aujourd’hui sur le marché boursier américain des titres de valeur à un prix inégalé depuis des décennies.
Au bout du compte, ce qui distingue les investisseurs prospères, c’est leur capacité de se projeter au-delà des mauvaises nouvelles immédiates et de voir le potentiel à long terme. Le négativisme qui règne aujourd’hui a fait baisser les actions au point où elles représentent une valeur exceptionnelle selon pratiquement tous les critères classiques – on voit piétiner presque comme jamais auparavant des entreprises de premier ordre, au bilan solide, versant de bons dividendes et ayant d’excellents débouchés.
Dans certains cas, la trésorerie dont disposent ces sociétés est plus importante que leur valeur en Bourse – ce qui veut dire qu’on peut les obtenir gratuitement. Il est fort probable que lorsque nous reviendrons sur l’époque actuelle dans quelques années, nous constaterons qu’elle a été exceptionnelle pour les investisseurs qui auront eu la rigueur et le courage d’ignorer les mauvaises nouvelles de l’économie et de profiter des aubaines exceptionnelles disponibles.
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