16 octobre 2009

La remonté spectaculaire du huard semble être motivée par l’appétit du risque accru chez plusieurs investisseurs qui avaient trouvé refuge dans les obligations américaines durant la dernière crise financière. Mais, avec les signes de reprise qui se multiplient, des statistiques impressionnantes provenant de la Chine et une hausse de taux d’intérêt en Australie, les investisseurs vendent leurs obligations et favorisent les pays riches en ressources naturelles comme le Canada.

Alors que le dollar canadien atteignait la parité, à l’automne 2007, le gouvernement canadien ressentait beaucoup de pression de la part des dirigeants d’entreprise et des premiers ministres provinciaux pour trouver des solutions afin d’enrayer la force du huard qui se retrouvait au pied d’égalité avec le dollar américain.

Cependant, on semble ressentir moins de pression aujourd’hui. Pourquoi?  La réponse s’explique en partie par le fait que les entreprises manufacturières restantes sont plus solides et ils ont su s’adapter à la nouvelle réalité avec une refonte complète de leur façon d’opérer. 

Pour faire face à une monnaie plus forte et une concurrence mondiale accrue provenant des économies  émergentes, la réduction des coûts était cruciale pour la survie de ces entreprises au cours de la dernière décennie. 

L’ajout de machinerie et d’équipement plus productif combiné à un personnel ayant accepté de travailler et de partager des semaines de travail plus courtes ont permis d’atteindre un seuil de rentabilité optimal tout en gardant les inventaires au minimum.

Mais, malgré tous ces efforts, une monnaie forte a un coût, même pour les entreprises manufacturières exportatrices qui ont résisté à cette dernière récession. Les Manufacturiers et Exportateurs du Canada ont récemment estimé que chaque augmentation de 1% du dollar canadien résulte en une baisse d’environ 2 milliards de dollars des ventes annuelles pour ses membres. De plus, chaque hausse de 1cUS de la monnaie implique la perte de 25 000 emplois.

La Banque du Canada a souvent mentionné par le passé que le raffermissement du dollar pourrait nuire à la reprise économique.

Ne soyons donc pas surpris si celle-ci décide de prolonger son engagement à maintenir son taux directeur à un niveau historiquement bas.

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26 mai 2009

Le dollar canadien a fait une remontée spectaculaire, ces derniers mois. Depuis le 9 mars, alors que le dollar était à un creux de 76,53 cents (US), il a monté en flèche pour atteindre les 89 cents cette semaine.  Cette remontée n’augure rien de bon pour plusieurs entreprises canadiennes qui tentent par tous les moyens de se sortir de la récession. Il y avait une lueur d’espoir pour ces compagnies, qui voyaient une reprise à l’horizon, mais maintenant la force du dollar vient éliminer tout avantage concurrentiel. Le «timing» ne pourrait pas être pire.

Plusieurs économistes avaient anticipé une remontée graduelle du huard lors de la reprise économique mondiale et du rebondissement des prix des commodités.  Lorsque le dollar et le prix des commodités bougent en tandem, l’effet négatif pour les exportateurs canadiens d’un dollar plus fort est habituellement compensé par les revenus qui entrent au pays à la suite de la vente des ressources naturelles. 

Mais en ce moment, on voit le dollar qui augmente beaucoup plus rapidement que le prix des ressources. En ce sens, étant donné la situation précaire dans laquelle se trouvent nos marchés externes, il est clair qu’une hausse du dollar ajoute un degré de risque supplémentaire à la reprise de notre économie.

Le Canada en tête pour une reprise
La croyance des négociateurs et des spéculateurs voulant que nous assistions actuellement à une reprise de l’économie mondiale explique en partie la hausse du dollar canadien. La force du huard peut être attribuée également à la faiblesse du dollar américain qui s’est fait malmener dernièrement.  Le niveau d’endettement des Américains et les rumeurs entourant une baisse potentielle de la cote de crédit du pays n’aident pas la cause. 

Un analyste chez Goldman Sachs a publié un article la semaine dernière indiquant que le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni seraient les premiers à retrouver un rythme de croissance normal après la récession. Ce rapport mentionnait également que les banques centrales de ces pays seraient parmi les premières à remonter leurs taux intérêts. Ces éléments favorables pourraient soutenir la hausse du dollar canadien à long terme.

La parité avec le dollar US serait donc très probable d’ici quelques années.  Techniquement, les entreprises canadiennes pourraient soutenir une hausse du dollar à long terme, mais seulement s’il y a une reprise de l’économie mondiale en parallèle. Espérons que notre économie sera assez résiliente à ce moment-là et que la demande sera assez forte pour compenser les répercussions négatives sur le secteur manufacturier et sur les compagnies qui sont sensibles à la compétition internationale.

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10 avril 2009

Même si le prix de l’or s’est replié quelque peu ces dernières semaines après avoir atteint les 1000 $US l’once au mois de février dernier, plusieurs se posent des questions sur les raisons pouvant justifier son attrait.

Il ne fait aucun doute que l’or attire beaucoup de spéculateurs. Depuis deux ans, le fonds négocié en bourse de l’or SPDR Gold Trust a grimpé d’environ 30 %. Qu’est-ce qui explique cette poussée du prix de l’or ces dernières années? Mise à part la spéculation, il est difficile de trouver des arguments rationnels pouvant inciter un investisseur à acheter à ces prix.

Un facteur pouvant expliquer les variations du prix de l’or est la devise. La hausse du dollar américain pendant la crise économique actuelle explique partiellement pourquoi le prix de l’or n’a pas franchi le sommet historique atteint il y a un an. Toutes choses étant égales par ailleurs, la hausse du dollar américain fait baisser le prix de l’or pour l’investisseur voulant acheter en dollars US. Donc, malgré la hausse du dollar américain et la crise économique, le prix de l’or en dollar US s’est maintenu près de son sommet historique. La spéculation demeure exubérante…

Si on élimine le facteur du dollar US, le prix de l’or a réellement augmenté en valeur. En fait, le prix de l’or en euro, en livre sterling et en dollar canadien a atteint de nouveaux records en 2009.

L’offre est également un facteur influençant son prix. Plusieurs investisseurs détenant des réserves d’or ont connu des pertes dans d’autres catégories d’actif durant la dernière année. Ceci aurait pu les inciter à vendre de l’or pour combler des pertes. En période de récession, plusieurs personnes peuvent avoir un motif pour vendre leurs bijoux, ce qui devrait en principe augmenter l’offre et exercer une pression à la baisse sur le prix.

Contrairement au pétrole, l’or ne peut être consommé. Et, même lorsque l’or est transformé en bijou, il est récupérable de façon intégrale et peut ainsi garder sa valeur. En d’autres mots, l’offre totale de l’or augmente seulement avec l’exploitation minière.

De façon générale, les spéculations sont motivées par le désir de faire un profit. Mais dans le cas présent, il semble que l’intérêt récent pour l’or est davantage motivé par le désir de maintenir la valeur de son actif. Le gouvernement américain dépense des sommes monumentales pour se sortir du marasme financier. Plusieurs investisseurs estiment que ce ne sont pas des solutions adéquates pour l’économie à long terme et encore moins pour le dollar américain. En ce sens, le prix de l’or est en quelque sorte devenu un baromètre reflétant le niveau de confiance dans la capacité du gouvernement de régler la crise.

Est-ce encore le temps d’investir dans l’or? Tout dépend de votre appétit pour le risque. L’immensité de la spéculation entourant son prix et l’incertitude entourant les marchés de change devraient garder le prix aussi volatile et imprévisible que jamais. Bref, si vous n’êtes pas du style spéculateur, un compromis serait peut-être d’au moins garder vos bijoux…

(Source : Thomson Financial)

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