Dès le début de la crise financière, lorsque les consommateurs américains se sont serrés la ceinture; de nombreux analystes craignaient le pire. La croyance était que le ralentissement serait si grave qu’il changerait à jamais le comportement des gens.
On se souviendra qu’à ce moment, de nombreux consommateurs étaient en état de choc en constatant la chute de la valeur de leur maison, de leur épargne-retraite et de la montée en flèche du taux de chômage.
Aujourd’hui, alors que le taux de chômage américain atteint 10,2 %, son plus haut niveau depuis 1983, il y a quelques petits signes qui démontrent le retour progressif de la confiance des consommateurs.
Ces signes de confiance apparaissent sous différentes formes. Prenons l’exemple de la compagnie Starbucks Café, un symbole américain, qui a affiché des résultats forts intéressants la semaine dernière. Le titre boursier gagnait plus de 7 % à la suite de l’annonce. Le prix de l’action a presque triplé depuis le creux du mois de mars.
Il est évident que cette compagnie a dû s’adapter lors de la dernière récession. Ils ont fermé près de 800 points de vente aux États-Unis seulement. Ils ont diminué le prix de leur café de base tout en augmentant le prix des cafés spécialisés. Ils ont également eu l’audace d’offrir des cafés instantanés qui ont vu les ventes surpasser les attentes.
La compagnie a affirmé un certain optimisme pour le trimestre à venir basé sur le retour des consommateurs et de la demande grandissante pour ses produits de haut de gamme. On peut ainsi affirmer avec certaines convictions que la fin du café latte à 4 $ n’est pas pour demain.
Bref, il est fort probable que les consommateurs qui vivaient au-dessus de leurs moyens avant la récession devront s’adapter à leur nouvelle réalité. Par contre, il est possible que plusieurs consommateurs ne subissent pas l’impact de façon permanente comme de nombreux experts le craignaient. Cependant, ces gens seront peut-être plus sélectifs dans leurs choix de produits.
Dans le pire de la crise, les consommateurs achetaient les nécessités. Aujourd’hui, ils commencent à acheter ce dont ils ont besoin et bientôt, peut-être qu’ils achèteront ce qu’ils veulent.
(Source : Bloomberg)
Avec un marché du crédit qui se raffermit et un environnement à taux bas, la situation actuelle demeure favorable pour les marchés boursiers.
Par contre, l’histoire nous démontre qu’une hausse importante des marchés boursiers comme nous venons de connaître suivant une récession est souvent enchaînée par des corrections périodiques de différentes tailles.
Il n’y a pas de raisons fondamentales pour expliquer le moment, la durée et l’ampleur de ces corrections, mais ces mouvements sont nécessaires pour maintenir l’harmonie entre la valeur réelle anticipée des compagnies et le contexte économique sous jacent. Sans corrections, la formation de bulles spéculatives deviendrait plus courantes et les conséquences toujours plus désastreuses les unes que les autres.
Or, depuis quelques semaines, on note plusieurs signaux qui laissent prévaloir les probabilités éventuelles d’une correction dans les marchés boursiers mondiaux: le risque d’une dépression étant éliminé dans l’évaluation des titres, les perspectives d’une reprise sont maintenant escomptées.
La croyance que les bénéfices des compagnies vont s’améliorer au cours des prochains trimestres devra également être confirmée prochainement par leurs dirigeants et les résultats du troisième trimestre. Une croissance des revenus (et non seulement une réduction des coûts) sera essentielle pour valider la qualité des bénéfices. Espérons que les consommateurs seront au rendez-vous…
De plus, il n’y a pas eu de réelles corrections depuis les creux du mois de mars et l’indice du S&P/TSX a connu près de 26 semaines de gains sans trop d’interruption. Plusieurs programmes de stimuli dans divers pays tirent à leur fin (crédit d’impôt, rabais sur prêt hypothécaire, etc.).
Bref, malgré le fait que les perspectives à long terme de l’économie canadienne demeurent généralement positives, la prudence est de mise et une répartition d’actif adéquate avec un certain pourcentage en liquidités pourrait permettre aux investisseurs de profiter d’occasions intéressantes en période de corrections.
La situation économique demeure favorable pour les marchés boursiers actuellement et devrait encourager les investisseurs, qui sont toujours sur les lignes de côté, à y participer graduellement. Par contre, les dépenses des consommateurs américains deviendront essentielles dans les prochains mois pour maintenir un certain niveau de croissance économique et permettre aux marchés boursiers de passer à un autre niveau.
Les dernières données économiques ainsi que les derniers résultats des compagnies ont surpassés les attentes de plusieurs analystes. De plus, la Réserve Fédérale a réitéré le fait qu’il n’y a pas d’urgence à procéder à des hausses de taux d’intérêt puisque l’économie a amplement d’espace pour croître sans pression inflationniste réelle.
Malgré tout les signes positifs faisant surface, il demeure difficile de croire que les marchés boursiers pourront continuer leurs ascensions sans avoir de signes plus concrets d’une hausse soutenue des revenus de la part des compagnies.
Lorsqu’on analyse en profondeur les derniers résultats des compagnies, on remarque que les profits origines davantage d’une réduction de coûts plutôt que d’une hausse des revenus. Or, il y a des limites auquel les compagnies peuvent réduire leurs coûts. Celles-ci auront éventuellement besoin d’une hausse des revenus (dépenses des consommateurs) pour soutenir leurs marges de profits.
Les récentes données sur le comportement des consommateurs américains démontrent qu’en général, ceux-ci ne sont pas enclins à dépenser leurs surplus de revenus provenant des réductions d’impôts et des programmes de stimuli du gouvernement fédéral, préférant sans doute réduire leur niveau d’endettement…
Par contre, une amélioration dans la confiance des consommateurs combiné à l’atteinte d’un certain plancher dans la perte de richesse des ménages offrent l’espoir qu’une reprise économique soutenu devrait se concrétiser graduellement.
Bref, l’incertitude demeure élevée mais une tendance économique favorable stipule qu’il faut demeurer investi dans les marchés boursiers pour profiter des prochaines hausses à l’horizon.
Le fait que la Chine soit un pays communiste, et que, par définition, le gouvernement a un contrôle important sur l’économie, signifie qu’il a la capacité d’atteindre son objectif de croissance via ses politiques et ses contrôles administratifs.
Cette perception a certainement des éléments de vérité, mais elle manque tout de même des composantes importantes de la réalité économique chinoise.
Il y a maintenant peu de doute que la reprise économique dans ce pays est bien en cours, à la suite des investissements majeurs et des nombreux prêts bancaires induits par les politiques gouvernementales.
Toutefois, il existe d’autres forces à l’œuvre qui jouent un rôle important dans la reprise. Entre autre, la Chine possède un système bancaire relativement stable qui est géré de façon prudente, avec des bilans solides.
De plus, le fait que les ménages moyens détiennent des épargnes et très peu de dettes permet aux consommateurs de répondre de façon plus favorable lorsqu’un programme de stimulation quelconque est mis en place par le gouvernement. Ces conditions ne se retrouvent pas dans d’autres grandes économies dans le monde.
Ensemble, ces facteurs devraient favoriser une reprise vigoureuse: le dernier rapport sur le PIB de la Chine nous confirme que l’économie a fortement rebondi au deuxième trimestre avec une croissance de 7,9% comparativement à l’année précédente.
Bref, il ne fait aucun doute que les politiques agressives mises en place par le gouvernement chinois dans la dernière année ont joué un rôle crucial dans la relance de l’économie. Toutefois, un système financier en santé combiné à un consommateur qui vie selon ses moyens représentent des ingrédients idéaux pour générer une reprise plus puissante et plus durable.