En tant que conseiller en placement, j’entends souvent des clients me raconter leur parcours dans le monde de l’investissement. Plusieurs d’entre eux ont été influencés par des connaissances qui avaient un bon scoop pour eux.
La venue de l’internet a permis à un plus grand nombre de personnes d’avoir accès aux nouvelles économiques et financières, et de prétendre connaître aussi bien que les experts le marché boursier. Convaincus de leur compréhension des marchés, plusieurs décident de gérer leur portefeuille de placement eux-mêmes, en ligne.
Malheureusement, plusieurs de ces investisseurs ne font avant leur achat aucune analyse technique, aucune analyse fondamentale, aucune analyse de bilan. Ils ne prennent pas connaissance des ventes projetées, des améliorations de la productivité ou de l’innovation. Enfin, ils ne prennent pas le temps de connaître et d’évaluer le contexte concurrentiel ou le contexte sociopolitique du pays dans lequel l’entreprise exerce ses activités. Quand on achète une action avec si peu d’information, cela s’appelle de la spéculation, et les probabilités de faire un profit sont aussi grandes que si on joue son argent au casino!
Vous pensez que je prêche pour ma paroisse? Non, je prêche plutôt pour l’éducation afin que les investisseurs cessent de perdre leurs économies parce qu’ils ont mal fait leurs devoirs.
Un article paru dans le Globe & Mail en octobre dernier faisait mention de statistiques peu reluisantes sur les boursicoteurs en ligne. Selon cet article, une étude menée à Taïwan auprès d’un groupe d’investisseurs en ligne a révélé que seulement 1 % d’entre eux pouvaient s’attendre à dégager des rendements positifs!
Il n’est pas impossible de faire de l’argent en boursicotant, mais il faut se munir des bons outils, avoir une stratégie clairement définie, laisser l’émotion de côté et être très rigoureux dans notre analyse des occasions d’investissement qui s’offrent à nous.
Alors, pensez-y la prochaine fois qu’on vous proposera un investissement ou un scoop, ou qu’un de vos amis se vantera de faire de l’argent en boursicotant : peut-être que la réalité n’est pas aussi rose qu’il y paraît…
Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro29novembre
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- Il existe, en analyse technique, une théorie qui tend à prédire les krachs boursiers
- Le présage d’Hindenburg tire son nom de l’écrasement du zeppelin allemand en 1937
Selon cette théorie basée sur l’observation statistique, lorsqu’au cours d’une même séance, au moins 2,2 % des actions atteignent un cours de Bourse au plus haut depuis 52 semaines et que 2,2 % d’un autre groupe de titres s’établissent en revanche à un cours plancher de 52 semaines, alors cela annonce un nouveau krach à Wall Street. Pour que le scénario soit validé, il faut cependant que cette configuration se reproduise dans les 40 jours qui suivent le premier signal. Et, selon les données historiques, lorsque les conditions correspondant au présage sont observées, il existe 75 % des chances que le marché recule de plus de 5 % dans les 40 jours suivants.
Cette configuration a précédé tous les krachs des 25 dernières années. Ce phénomène rare a été observé à la mi-août sur le New York Stock Exchange (NYSE), ce qui pourrait laisser présager que les conditions sont réunies pour un éventuel krach boursier.
Est-ce que le présage se concrétisera? Le risque est que les investisseurs croient que cela est possible et qu’ils provoquent ainsi un mouvement de panique de vente dans les marchés boursiers sans qu’il y ait de changement fondamental dans l’économie. Sauf qu’avec l’efficience des marchés boursiers, cette théorie est normalement déjà connue et devrait refléter pleinement la valeur actuelle du marché.
Même si tout est possible à court terme, nous trouvons que la théorie «à contresens» a plus de poids, car cette méthode part du principe qu’une opinion est toujours le reflet d’une action passée et non une intention future. Par observation, un consensus trop fortement établi est très souvent pris à contre-pied. Warren Buffet nous rappelle que c’est lorsque personne ne veut acheter d’actions qu’il faut en acheter et qu’il faut les vendre quand tout le monde en veut.
Donc, selon la théorie du «contresens», et si on se fie à l’humeur maussade des investisseurs, le marché devrait monter dans les prochains mois et non s’écraser comme le zeppelin Hindenburg.
Qu’en pensez-vous?
Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro30août
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