Nous en avions traité dans une chronique précédente, mais j’y reviens, tant la question est cruciale.
Elle a dominé toute l’actualité financière de la décennie, depuis l’éclatement de la bulle technologique jusqu’à la présente crise de la dette des États, en passant par la récession de 2008.
Je parle évidemment de la volatilité. Elle se révèle si forte, si importante qu’elle vient modifier en profondeur nos habitudes de placement, chambouler nos attentes et, parfois, invalider nos projections.
Il n’est donc pas étonnant de voir apparaître sur le marché des produits dont l’objectif est justement de la contrecarrer ou, à tout le moins, d’en atténuer les impacts.
Par exemple, de nouveaux fonds de placement concentrent leurs investissements dans des actions mondiales ayant enregistré la plus faible variabilité à long terme. Ils s’adressent à l’investisseur désireux de ne pas s’exposer uniquement au marché canadien et de se prémunir contre les éventuels contrecoups de la situation qui prévaut en Europe.
Bref, c’est un instrument de diversification et de stabilité. Il faut cependant comprendre que la réduction du risque ne se fait pas obligatoirement au détriment du rendement. Au contraire, l’objectif est de concilier les deux.
Disons que deux stratégies bien différentes pourraient vous valoir une progression de 30 % de votre portefeuille.
L’une privilégie cinq titres mirobolants, mais qui fluctuent beaucoup. L’autre mise sur 400 sociétés dont les titres ont montré une constance surprenante dans le temps. À résultat égal, quelle approche choisissez-vous? Le confort ou le danger?
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Contrairement à ce que certains avaient prédit, la crise financière de 2008 n’a pas détruit le capitalisme. Toutefois, elle a mis fin à une forme de laisser-faire qui régnait depuis une trentaine d’années.
En fait, nous assistons aujourd’hui à la naissance du capitalisme 4.0, comme l’appelle Anatole Kaletsky, économiste et collaborateur du Times de Londres.
Passons en revue les trois premières phases. En 1776 apparaît le capitalisme classique, qui prévaudra jusqu’en 1932, alors que s’impose la pensée keynésienne, fondée sur l’interventionnisme et l’investissement public.
À partir de 1980, à la faveur des politiques économiques de Reagan et de Thatcher, le laisser-faire se propage. Il minimise le rôle de l’État et affaiblit la réglementation pour favoriser le libre jeu de l’offre et de la demande.
Selon Kaletsky, la chute du communisme, la révolution technologique, la mondialisation des échanges et le fléchissement des taux directeurs pour stimuler la croissance, sans oublier le formidable essor du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) avec ses 3 milliards de consommateurs, sont autant de facteurs qui expliquent l’effondrement de 2008.
Pour que le capitalisme 4.0 soit viable, Kaletsky affirme que les actions du public et du privé, au lieu de s’exclure ou de se nuire, doivent devenir symbiotiques.
Autrement dit, il prône la coexistence dynamique des intérêts des collectivités et des entreprises. Il ajoute qu’il faut accepter l’idée que les marchés sont imprévisibles et en constante mutation. Au fond, il en va du capitalisme comme d’un humain : il s’adapte.
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Comment la crise financière de 2008 a-t-elle pu se produire? Comment interagissent les gouvernements, les institutions financières et les entreprises?
Si vous vous posez ces questions, Inside Job vous plaira. Réalisé par Charles Ferguson, ce film a remporté cette année l’Oscar du meilleur documentaire. Matt Damon en assure la narration. Dès les années 1980, de puissants lobbies ont fait pression sur le gouvernement américain pour déréglementer l’industrie des services financiers, ce qui a placé des banquiers, des fonctionnaires, des agences de notation et même des universitaires en situation de conflit d’intérêts potentiel.
Au plus fort de la crise qui a ébranlé tout le système capitaliste en 2008, Warren Buffet répétait avec sagesse que, l’économie étant au sol, il n’était pas le temps de lui faire la leçon, mais de lui fournir des outils pour l’aider à se relever.
Deux ans se sont écoulés depuis et les Bourses ont récupéré le terrain qu’elles avaient perdu. Mais, en dépit des belles promesses qu’avait faites Barack Obama pendant sa campagne électorale, rien n’a changé. Les banques américaines sont encore plus grosses, la rémunération de leurs dirigeants est toujours aussi élevée, les mêmes fonctionnaires occupent les mêmes postes clés.
De ce côté-ci de la frontière, le système bancaire est plus solide et mieux encadré. On ne peut que s’en réjouir. La réticence de nos voisins du sud à réglementer le monde financier est inquiétante, car l’histoire risque de se répéter. Cette fois, il est temps de lui faire la leçon.
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