Plusieurs investisseurs ont choisi de continuer à investir dans le marché boursier, ces derniers mois, dans l’espoir de profiter d’une reprise éventuelle. Le résultat est évidemment plus que décevant étant donné les baisses importantes des principales bourses mondiales.
Les questions que plusieurs se posent actuellement sont les suivantes: «Devrais-je vendre mes actions et acheter des obligations ou CPG et attendre la reprise avant d’investir de nouveau?» Ou bien : «Devrais-je maintenir le statu quo et respecter mon plan d’investissement initial?»
Cette décision comporte des conséquences plus grandes qu’on l’imagine.
Prenons l’exemple suivant : au début du mois d’octobre 2007, l’indice du Dow Jones atteint son sommet à 14 164,53. Par la suite, l’indice entame sa descente, perdant 17 % au début du mois de mars 2008. Le marché s’améliore alors fortement, augmentant de près de 5 % au début avril 2008. À la mi-mai, l’indice grimpe de 11 %, retrouvant pratiquement le même sommet que lors des deux mois précédents.
Un investisseur qui aurait vendu ses actions à la fin de 2007 ou au début de 2008 aurait peut-être vu la hausse du marché au printemps de 2008 comme un signal pour investir de nouveau. Tout semblait indiquer que le marché haussier était de retour. Nous savons maintenant que ce n’était pas le cas. L’indice du Dow Jones a plongé de 42 % entre le mois de mai et la fin du mois de novembre 2008.
Plusieurs investisseurs ne sont pas réalistes lorsqu’ils évoquent la possibilité de se retirer du marché afin d’éviter des pertes, puis d’y retourner plus tard lorsque le marché sera à la hausse. Lorsqu’on regarde le passé, il est facile de distinguer les différentes phases, mais c’est très différent en temps réel.
La réalité est que nous n’avons pas de moyen efficace pour prévoir si un rebond dans le marché boursier est une tendance à long terme. Un investisseur peut être tenté d’attendre sur les lignes de côté pendant une période donnée. Mais combien de temps attendra-t-il? Une semaine? Un mois? Ou jusqu’à ce que le prix des actions ait augmenté d’un certain pourcentage? Disons 20 %? Si l’investisseur place son objectif d’entrée trop bas, il risque d’entrer trop tôt dans le marché et connaître de nouvelles pertes. S’il attend trop longtemps, il risque de manquer un rebond important.
Plutôt que de jouer aux devinettes, nous pensons qu’il est préférable d’avoir une allocation d’actifs composée d’actions, d’obligations et de liquidités en lien avec votre tolérance au risque et votre horizon de placement. Mis à part le rééquilibrage périodique, la vente pour pertes fiscales et la maintenance normale du portefeuille (élimination de titres non performants), il est préférable de laisser le temps jouer pour vous et de respecter votre plan d’investissement initial.
Cependant, à travers les fluctuations importantes que nous vivons actuellement, il est possible que l’investisseur découvre que sa tolérance au risque est moins élevée qu’il ne l’évaluait. À ce moment, la nouvelle allocation d’actif devrait être révisée pour refléter le nouveau plan d’investissement.
Les mauvaises nouvelles entourant l’économie continuent d’inonder notre quotidien. Nous sommes tous à l’affût de signaux qui annonceront la fin de ce marasme. Or, pour une rare occasion, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a annoncé mardi une double dose de réconfort pour les marchés financiers :
- La récession américaine pourrait prendre fin en 2009.
- Le gouvernement n’a pas l’intention de nationaliser les banques américaines.
Dans son rapport semestriel présenté au comité sénatorial des banques, Bernanke prédit que l’économie est susceptible de se contracter au cours des six premiers mois de 2009, mais qu’il «existe une perspective raisonnable» de voir la récession prendre fin cette année. Il mentionne également qu’une reprise est possible seulement si le crédit est disponible et que les marchés financiers fonctionnent normalement. Le gouvernement doit donc continuer à travailler avec les banques en difficulté pour les ramener à la rentabilité. Le chef de la Fed a également déclaré officiellement que la nationalisation des banques «n’est pas nécessaire».
Les investisseurs ont été encouragés par le fait que l’indice S&P 500 soit resté au-dessus de son bas niveau du 21 novembre, à 741,02. Cependant, plusieurs croient encore que ce n’est qu’une question de temps avant que le marché ne trouve un nouveau creux. Plusieurs demeurent convaincus que la seule façon d’atteindre un plancher réel est de vivre une période de capitulation où même les plus optimistes lanceront la serviette et sortiront du marché.
Si Bernanke a raison et que la récession se termine en 2009, il est fort probable que le marché boursier atteindra son véritable creux bientôt, si ce n’est pas déjà fait. L’histoire nous démontre que le marché boursier est un des meilleurs indicateurs précurseurs de l’économie et anticipe normalement la reprise économique de 6 à 9 mois d’avance.