Le nouveau plan présenté par le secrétaire au trésor américain, Tim Geithner, a été très bien reçu par les investisseurs hier. Geithner a annoncé que le gouvernement américain investira dans des fonds au côté de firmes privées afin d’acheter les titres non liquides (toxiques) se trouvant à l’intérieur des bilans des banques. De plus, le gouvernement propose de financer ces mêmes acheteurs.
En offrant une source de financement à taux réduit, le gouvernement a bon espoir de créer un marché et de réunir acheteurs et vendeurs afin qu’ils s’entendent sur un prix. Les banques refusant de faire des ventes de feu, ce marché se trouve dans l’impasse depuis plusieurs mois.
De toute évidence, c’est un plan intrigant qui a capté l’intérêt de plusieurs gros investisseurs, dont le réputé gestionnaire Bill Gross de la compagnie PIMCO. Ce dernier a indiqué qu’il serait très intéressé à y participer et à en faire bénéficier ses clients.
Cet intérêt généralisé s’est traduit par un niveau d’optimisme rarement vu dans le marche boursier ces derniers temps. L’indice du Dow Jones industriel a augmenté de 500 points, ou 6,8% hier. Les titres des grandes banques américaines ont été parmis les plus performants, augmentant de près de 20 %.
Cependant, aussi populaire que le plan semble être à Wall Street, il reste difficile de déterminer si l’accessibilité au financement du gouvernement permettra de fixer des prix assez élevés pour inciter les banques à y participer.
La Réserve fédérale américaine a surpris les marchés financiers mercredi en annonçant le rachat de 750 G$US de titres adossés à des créances hypothécaires ainsi que le rachat de 300 G$US d’obligations du trésor à long terme.
Acheteur de dernier ressort, la Réserve fédérale injecte actuellement des sommes monumentales dans le marché de l’hypothèque américain (1,45 billion de dollars américains). Le résultat est qu’elle détiendra presque le tiers du 4 billions de dollars américains d’hypothèques émises par les agences d’ici la fin de l’année. Des taux hypothécaire plus bas devraient encourager un nombre important de ménages à loyer à prendre possession d’une nouvelle maison et aider à stabiliser les prix. Mais, avant tout, ce phénomène devrait aider à stabiliser les dépenses de consommation, puisque les détenteurs d’hypothèque actuels pourront se refinancer à de meilleurs taux. Ces économies devraient en principe permettre aux consommateurs de maintenir un certain niveau de consommation.
En 2008, le taux hypothécaire américain moyen était de 6,5 %. Or, si la Réserve fédérale atteint son objectif, qu’elle réussit à baisser le taux des hypothèques sur 30 ans à 4,5 % et que tous les propriétaires peuvent se refinancer, les économies annuelles pour les consommateurs seront de l’ordre de 200 G$US. Les demandes de refinancement pour la semaine se terminant le 13 mars étaient en hausse de 31,2% par rapport à la même semaine en 2008.
Plusieurs sous-estiment la capacité de la Réserve fédérale. Même après avoir baissé les taux d’intérêt à zéro, Ben Bernanke et sa troupe démontrent qu’ils peuvent en faire plus encore pour stabiliser l’économie. Le seul hic à cette pratique d’impression de milliards de billets verts est la notion d’inflation. Ce qui sera difficile, ce sera justement de bien anticiper la reprise économique et de gérer les risques inflationnistes qui suivront éventuellement.
(Source : Recherche VMD)