26 septembre 2011

Dans ma chronique de la se­­­­mai­ne dernière, je vous expliquais que la chute récen­te des marchés boursiers semble indiquer l’imminen­ce d’une seconde récession. Compte tenu des ratios cours-bénéfices et des taux obligataires actuels, c’est peut-être l’occasion de renflouer votre portefeuille d’actions.

L’histoire économique des 100 dernières années nous apprend que chaque période de repli est suivie d’une reprise, dont l’ampleur vient contrebalancer les pertes su­bies. Au final, en effet, c’est la croissance qui l’emporte. Mais peut-être faites-vous partie de ceux qui estiment qu’on ne devrait plus se fonder sur l’observation empirique du passé pour prédire l’avenir.

Si oui, vous adhérez à la théorie du cygne noir. Dans son ouvrage intitulé The Black Swan, Nassim Nicholas Taleb appelle cygne noir un événement dont la probabilité de survenir est très faible, mais qui aurait des conséquences considérables s’il se réalisait.

Les Européens ont cru long­­temps que tous les cy­gnes étaient blancs, jusqu’à ce que Willem de Vlamingh découvre des spécimens noirs en Australie, en 1697. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’un événement s’est toujours produit qu’il va se répéter de nouveau. La relance attendue pourrait ne pas avoir lieu.

Au plus fort de la crise financière de 2008, des investisseurs ont misé avec succès, non pas sur un redressement, mais plutôt sur une aggravation de la situation. Je pense notamment à Greg Lippmann, de la Deutdsche Bank, et à Michael Burry, de Cornwall Capital. Je ne vous recommanderai pas de prendre toutes vos épargnes pour les imiter. Mais si vous voyez un cygne noir à l’horizon, vous pouvez investir quel­ques dollars pour vous prémunir contre une baisse plus prononcée. Parlez-en à votre conseiller en placement.

Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro26sept

Popularity: 3% [?]

18 avril 2011

La multiplication des médias a du bon. De nos jours, il est plus facile que jamais de parcourir le Wall Street Journal et le Financial Times.

En revanche, avec l’arrivée des nouvel­­­les technolo­gies, des réseaux sociaux, des blo­gues et des tablettes, la concurrence est de plus en plus vive. Pour capter l’atten­tion des lecteurs potentiels, les entreprises d’information rivalisent de mordant.

Pendant la crise financière de 2008, certes préoccupante, on a cru assister à une compé­ti­tion de titres alarmistes, voire apocalyptiques. On parlait d’effondrement, de dégringolade, de débâcle. C’est que les mauvaises nouvelles attirent d’avantage l’attention. Trois ans plus tard, la presse n’a aucun intérêt comme­rcial à claironner que la situation s’est rétablie, que les Bourses ont regagné le terrain perdu et que les perspectives économiques sont bonnes.

L’ennui, c’est que de petits investisseurs ont cédé à la panique engendrée par certains gros titres. Ils ont liquidé leurs positions au beau milieu d’une dépression, alors qu’ils auraient dû, au contraire, les conserver. Un placement de 100 $ effectué en 1950 dans le marché boursier américain vaudrait plus de 50 000 $ aujour­d’hui, l’indice S&P 500 ayant enregistré un rendement annuel composé de 10,8 % (en $CAN).

Encore maintenant, avec l’incertitude qui plane dans le monde arabe, la catastro­phe japonaise et la flambée du pétrole, des épargnants inquiets se tournent vers les obligations à long terme. Ne savent-ils pas que les banques centrales, partout dans le monde, amorcent un relèvement des taux d’intérêt? Or, chaque hausse de 1 % du taux directeur se traduit par une perte d’environ 10 % de la valeur marchande des obligations dont l’éché-ance est de 10 ans.

Que faut-il en conclure? Pour prendre une décision financière éclairée, ne vous fiez pas trop à ce que vous lisez ou entendez sur la place publique. Consultez plutôt un conseiller en placement. Il vous expliquera les vertus de la discipline et de la rigueur.

Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro18avril

Popularity: 4% [?]

11 avril 2011

Comment la crise financière de 2008 a-t-elle pu se produire? Comment interagissent les gouvernements, les institutions financières et les entreprises?

Si vous vous posez ces questions, Inside Job vous plaira. Réa­lisé par Char­les Ferguson, ce film a remporté cette année l’Oscar du meilleur documentaire. Matt Damon en assure la narration. Dès les années 1980, de puissants lobbies ont fait pression sur le gouvernement américain pour déréglementer l’industrie des services financiers, ce qui a placé des banquiers, des fonctionnaires, des agences de notation et même des universitaires en situation de conflit d’intérêts potentiel.

Au plus fort de la crise qui a ébranlé tout le système capitaliste en 2008, Warren Buffet répétait avec sagesse que, l’économie étant au sol, il n’était pas le temps de lui faire la leçon, mais de lui fournir des outils pour l’aider à se relever.

Deux ans se sont écoulés depuis et les Bourses ont récupéré le terrain qu’elles avaient perdu. Mais, en dépit des belles promesses qu’avait faites Barack Obama pendant sa campagne électorale, rien n’a changé. Les banques américaines sont encore plus grosses, la rémunération de leurs dirigeants est toujours aussi élevée, les mêmes fonctionnaires occupent les mêmes postes clés.

De ce côté-ci de la frontière, le système bancaire est plus solide et mieux encadré. On ne peut que s’en réjouir. La réticence de nos voisins du sud à réglementer le monde financier est inquiétante, car l’histoire risque de se répéter. Cette fois, il est temps de lui faire la leçon.

Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro11avril

Popularity: 4% [?]

4 avril 2011

Les plus récentes données sur l’endettement des ménages canadiens sont alarmantes. L’endettement se situait à 1 526 G$ au quatrième trimestre de 2010, ce qui représente près de 150 % du revenu disponible.

Nous devons 1,50 $ sur cha­que dollar que nous gagnons après impôt! La dette, en constante progression, at­teint maintenant 44 500 $ par habitant. Et on note une hausse dans tous les segments du crédit : prêts à la consommation, hypothèques et autres formes de financement. Heureusement, les taux d’intérêt sont bas. Lorsqu’ils grimperont (ce qui finira bien par se produire), bien des ménages ne pourront plus honorer leurs obligations.

Dans cette chronique, nous avons souvent abordé les notions d’épargne et de crédit. Au lendemain de la crise de 2008, nous avons souligné l’importance d’alléger notre fardeau financier. Deux ans plus tard, les chiffres montrent que nous ne l’avons toujours pas fait… Un consommateur devrait hésiter à recourir à sa carte de crédit, compte tenu du taux d’intérêt exorbitant qui s’appliquera au solde s’il ne le règle pas en entier.

Des taux aussi élevés constituent, selon moi, un frein à l’endettement. C’est pourquoi je m’oppose à ce qu’ils soient réduits. La présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, vient d’annoncer que le pourcentage du solde exigible à la fin de chaque mois passera dès octobre de 3 à 5 %. C’est une excellente initiative, que d’autres institutions devraient imiter.

Il faut encourager l’épar­gne et dissuader l’endettement non productif. S’endetter pour devenir propriétaire d’une maison qui prendra de la valeur avec les ans ou pour acheter une entreprise ou un équipement qui va générer du revenu, c’est une chose. Multiplier les emprunts pour financer un train de vie qui dépasse nos moyens en est une autre.

Pour voir l’article original dans le journal Métro cliquez ici : journalmetro4avril

Popularity: 4% [?]